Les villages dans Shouna la genèse maudite

SIGUIL (relève – toi) – Village de Shouna – il est né à la sortie de ce village. Ses parent y habitent et y cultivent leurs champs. Ils participent à la vie communautaire jusqu’à l’arrivée de leur fils prodige. C’est un village qui fait face aux aleas de la vie et dont les habitants ont une résilience à toute épreuve.

SÜBE (demain) – village d’enfants disparus – Dès l’âge de sept ans, ces enfants disparaissent mystérieusement. De ce fait, ils ont tous arrêté de grandir et les mères ne portent plus d’enfants. Cependant, l’espoir demeure car demain est un nouveau jour.

NDEEYSAAN (le pauvre) – village sacrifié – le village et ses habitants ont servi de festin aux êtres des ténèbres – il a entièrement disparu, avalé par le sol. Tout le monde a pitié de ce village fantôme

DEXX (fleuve) – royaume du fleuve, royaume de Shouna. Différent de celui de Mamie Wata

Mes écrivains à moi…

Non, non, ne vous inquiétez pas. je ne suis pas tombée sur la tête. En ce qui concerne la moquette, je n’en ai pas chez moi. D’ailleurs, je ne fume même pas. Mais vous avez bien lu, je parle bien de « mes écrivains ». Ceux qui ont traversé ma vie. Rapidement. Discrètement.

Je ne suis pas une passionaria, ni une fan échevelée qui court après tout écrivain qui bouge. Quoique, si j’avais été en présence de feu Naguib Mahfouz, j’aurai hurlé comme une malade avant de… m’évanouir à ses pieds. Mais, comme une diva. Si, si. Bien sûr.

Au cours de ma vie et à travers mes tribulations d’aide-soignante (entre nous, une super période de ma vie), j’ai eu à rencontrer des écrivains. Au hasard des hospitalisations, des soirées antillaises de Dakar, j’ai fait la connaissance de certains auteurs. Parfois, ce sera par le biais d’une tierce personne que ces rencontres auront lieu. De ces rencontres, je pourrai vous en parler. Pas pour faire ma fière, mais juste pour partager un petit moment, une anecdote avec vous. Alors, à bientôt

L’imaginaire pour Noël

l’imaginaire en terre africaine fait partie du quotidien. De la vie. Toute histoire a sa part d’imaginaire. C’est aussi le cas d’un tout petit bonhomme qui devra vivre en faisant des choix. L’histoire de Shouna et de sa genèse maudite. Vous égayerez vos jours d’hiver en sa compagnie. Des animaux vous feront sourire et les djinns, les déesses vous révèleront leurs mystères. Ce sera toujours Noël.

bébé écrivain – Once upon a time

Ô Innocence! Epoque du rire simple. Du rire vivant. Du rire tout simplement. Au diable les chiffres. Au diable les lettres. Juste des éclats… de vie. Tout autour. Pour le plaisir. Pour le bonheur. Inconnue la dyslexie. Peut-être un embryon de désir d’écrire. Ego Amaelia sum. Eh oui. Ce n’est que moi.  Je riais en pensant « un jour, je serai écrivain. Je serai riche. J’aurai une grande maison et du personnel ». Euh, disons que c’est le destin qui rit en ce moment. Et moi aussi.  Pas pour longtemps. Ne jamais lâcher son rêve, c’est ma force.

Saint-Louis du Sénégal – Ndar Geej, La Belle…

20171221_152826-1-1060x460Un lieu où les souvenirs restent intacts malgré les années. Malgré l’évolution de la vie. Le Prytanée Militaire Charles Ntchoréré. Lieu de mon enfance. Zone nommée Bango. J’ai adoré. J’ai grandi dans cette ville et j’y ai passé toute mon enfance. Je l’ai quittée. Tôt. Très tôt. Trop tôt.

saint louis vieille rueChaque jour était une aventure. Enfants de tous origines. De tous pays. De toutes couleurs. Nous nous élancions, oublieux des dangers: Jeux olympiques sur les barbelés, chasse aux caïmans avec les couteaux de cuisine de nos mères, pêches aventurières. Nous pêchions à la main. Batailles rangées au bord du fleuve. LeSt Louis - pont faidherbe0 perdant était couvert de vase et reconduit chez lui sous les huées.

Cette superbe place Faidherbe que nous trouvions immense et qui a rétréci avec le temps. Point de ralliement quand, au cours d’une excursion hasardeuse, nous perdions le sens de l’orientation. Les bords du fleuve où les lavandières Saint-Louis_-_Place_Faidherbe_(5)commençaient à battre le linge dès le lever du soleil. Leurs conversations accompagnaient notre car qui nous menait vers nos lieux d’étude.

Saint-Louis est une ville qui vous rentre dans la peau et vous marque à jamais. Avec ses superbes femmes qui prennent le temps de vivre. De bien vivre. Avec une cuisine qui rassasie aussi bien l’estomacpontfaidherbe que le cœur et l’âme. Avec ses boissons qui vous font atteindre le nirvana. Le pont Faidherbe, lien vital entre l’île et le continent. Lien de fer vibrant de chaleur. Témoin de l’Histoire. Témoin du quotidien. Artère vitale.

Saint-Louis, ville de mon enfance. De mes rêves. De mon innocence. Ville de mon âme et de mes tripes.saint-louis-vue-du-ciel-1-sur-1

Le conte à la maison

Le conte, pour tout enfant, est un moment précieux, au Sénégal comme ailleurs. La séance de conte est une véritable mise en scène. Que serait un conte sans chants, sans danses, sans chœur? Eh oui, une vraie pièce de théâtre!

Chez nous, c’était une cérémonie. Un conte en pleine journée? C’est dangereux, disaient les adultes, vous allez être transformés en panier en rotin. A moins que … vous mettiez un brin de balai dans les cheveux. Quelque part, j’ai toujours pensé que la seule raison pour laquelle ils nous donnaient cette explication, c’est que ça les dérangeait ou qu’ils n’avaient tout simplement pas envie. Peut-être aussi, le manque de temps? Nous nous asseyions tous en groupe avec des brindilles dans les cheveux, savourant déjà le bonheur à venir.

Entre enfants, les rôles étaient distribués selon les caractères. En tant que râleuse solitaire, j’étais le lion. L’aînée qui s’estimait plus intelligente que nous tous s’accaparait le rôle du lièvre. Une fois les personnages attribués, le conte commençait. Chacun de nous avait un rôle à jouer, une voix, une attitude en fonction de l’animal qu’il représentait. Les plus jeunes reprenaient les chants en chœur et esquissaient des pas de danse. C’est ce qui déterminait à leurs yeux, la réussite ou l’échec de cette aventure commune.

Nos contes étaient racontés en ouolof, en créole, rarement en français voire pas du tout. Je pense d’ailleurs que nous avions inventés le conte sans fin car le héros était ressuscité chaque jour. Tel le phœnix, notre Zadig qui portait un nom bien particulier, renaissait de ses cendres pour mourir en apothéose, encore et encore.

Je pense que chaque famille avait son rituel. Tel était le nôtre et c’était un pur bonheur.

Les noms des principaux Villages et leur signification (dans Shouna la genèse maudite)

Dans Shouna la genèse maudite T. 1 les villages  portent tous des noms  qui en disent long sur leur histoire. Sur leur rôle dans l’histoire. Les noms donnés sont en wolof (une des langues parlée au Sénégal).

SUBË (prononcer soubeu) signifie en ouolof demain. C’est l’espoir. Le renouveau. Un village qui rêve d’un avenir meilleur malgré tout ce qui s’y passe. Les villageois pensent qu’ils sont résilients. Depuis des générations.

SIGUIL qui signifie se relever. C’est aussi un mot prononcé souvent pour présenter des condoléances: Siguil Ndigààlé (mes condoléances). Quels que soient les aléas subis, ils sont comme les roseaux. Ils plient, mais ne rompent pas. Un jour, ils se relèveront ou ils disparaitront. Le nom de ce village est juste la porte de l’enfer.

NAGUIB MAHFOUZ DANS LE TRAIN

Quel rapport entre ces deux là? pensez vous. Nooon, je ne l’ai pas vu dans le train. A ma connaissance, il ne l’a jamais pris. Pas à Paris. A mon avis, si c’était le cas, j’aurai provoqué un incident diplomatique franco-sénégalo-martinico-égyptien. C’est vous dire l’ampleur de mon statut de fan pour cet écrivain. Je vous décris la scène, Naguib Mahfouz essayant de semer une fan échevelée et presque aphone tellement elle hurle son nom « Naguiiiiiiibbbb« !!! Tout ça pour lui dire d’une voix aphone combien elle adooore ses livres. Tout ça dans un anglais rendu approximatif par l’émotion et s’évanouir à ses pieds. Comme une diva, bien sûr.

Ce n’est pas non plus le titre d’un roman. Quoique. Là, je rêve. J’aurai pu gagner le Pulitzer du meilleur écrivain inventeur de scènes psychédéliques. Pas de problème, je prends, du moment que c’est un Pulitzer. Même s’il est en papier mâché ou en glace à moitié fondue. Hum, je crois que je m’éloigne du sujet. Je m’en vais vous raconter l’histoire. Prenez une bonne boisson chaude ou qui réchauffe jusqu’aux cheveux, à la première gorgée. Enroulez-vous dans une couverture bien chaude, et….Let’s go! Oui, je parle anglais. Comme une brebis sénégalaise. Comme un colibri antillais. Comme une française.

Nous y voilà! Imaginez une presque vieille aide-soignante, à sa troisième nuit de douze heures, assise dans un train de Banlieue poussif. Cette aide-soignante, si vous ne l’avez pas deviné, c’est moi! Je sais trop de suspens…. Je vous assure qu’après trois nuits, la seule envie que l’on a c’est arriver rapidement chez soi, prendre un bain et se jeter sur son lit et ne plus bouger. Les anciens collègues ne me contrediront pas.

En attendant, l’urgence pour moi était de garder les yeux ouverts jusqu’à ma gare. Bataille que je savais perdue d’avance si je n’avais pas un livre. Fébrilement, je fouillais dans mon sac à la recherche du livre qui hurlera « vade retro satanas » à Morphée. Je sortis « l’amante du pharaon« . Je piquais du nez dedans au moment où le train s’ébranlait. je m’évadais. Oubliés malades, médecins, bips de machines, longs couloirs parcourus des milliers de fois. Les nerfs se relâchent en compagnie de mon écrivain.
Me voilà partie dans la ville cairote, dans les tribulations d’un trio amoureux épique.

D’un coup, je me retrouve face à cinq, six personnes qui se coupent la parole, me désignent du doigt et parlent en arabe en répétant à plusieurs reprises « Naguib Mahfouz« . Pour une fois, c’est même pas moi qui l’ai dit . Alors… La surprise passée, et, je pense, vue ma tête d’ahurie qui essaie de comprendre, l’une des femmes calme hommes et enfants, et se met à me parler rapidement en arabe. J’essaie comme je peux de ravaler le fou rire qui me secoue silencieusement. En vain. Nous nous retrouvons tous embarqués dans ce langage universel. Celui du rire. Ils s’asseyent en face de moi et, tout comme moi, essaient de retrouver leur souffle, les larmes aux yeux. Tout le monde nous regardait. Cela nous importait peu.

Peu à peu, nous avons repris nos esprits. Pendant ce temps mon train se rapprochait de ma gare. Inéluctablement. La seule chose que je pus dire entre deux hoquets est « Let’s speak English, please« . La réponse fut « Ah, vous ne parlez pas français?« . Nouvelle crise de rires. Ces merveilleuses personnes ont, sans le savoir, illuminé ma journée. J’avais passé douze heures dans un service de réanimation où nous avions tenté, vainement, de tenir en vie une personne qui n’en avait pas la force. Le genre de nuit qu’on n’aime pas du tout. Où l’on attend d’être chez soi pour verser des torrents de larmes et éclater en sanglots. Le deuil appartient aux familles, pas aux soignants.

Ces anges ont effacé cette nuit dès le premier éclat de rire. Ils m’ont parlé de leur héros national. Ils en étaient fiers. Cela se voyait dans leurs yeux brillants, leurs sourires éclatants et les mots choisis tels que « Monsieur Mahfouz« . Eux, égyptiens, vivant en France et partant très souvent en vacances dans leur pays m’ont parlé de leur écrivain national. Ils sont allés le rencontrer dans son café préféré. A leur grande surprise, m’ont-ils dit, ils ont rencontré un homme discret, presque timide, qui ne comprenait pas leur engouement pour ses romans. Il s’était presque excusé de leur avoir fait plaisir, de leur avoir donné du bonheur. « Vous savez, m’ont-ils dit, nous nous excusons de vous avoir fait peur, mais nous pensions qu’il n’était connu que dans le monde Arabe. C’est un grand honneur que vous nous faites en le lisant ».

Je les ai rassuré car je n’avais pas eu peur et que j’étais honorée qu’ils aient partagé cette anecdote avec moi . Je me demandais tout simplement comment leur expliquer que je ne parlais pas l’arabe. A leur grande surprise, je leur déclarais que j’étais tombée dans la marmite de cet écrivain dès mes quinze ans, dans un pays aussi chaud que le leur. Nous nous sommes quittés dans de grandes effusions car j’arrivais à destination. Sur le quai, je me rendis compte que j’avais oublié de leur demander leur nom. Trop tard. Le train emportait ces merveilleuses personnes ainsi que leur belle histoire vers leur destinée, tandis qu’un sourire béat aux lèvres et mon roman toujours à la main, je me rendais vers l’arrêt du bus.