NAGUIB MAHFOUZ DANS LE TRAIN

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quel rapport entre ces deux là? pensez vous.  Nooon, je ne l’ai pas vu dans le train. A ma connaissance, il ne l’a jamais pris. Pas à Paris. A mon avis, si c’était le cas, j’aurai provoqué un incident diplomatique franco-sénégalo-martinico-égyptien. C’est vous dire l’ampleur de mon statut de fan pour cet écrivain. Je vous décris la scène, Naguib Mahfouz essayant de semer une fan échevelée et presque aphone tellement elle hurle son nom « Naguiiiiiiibbbb« !!! Tout ça pour lui dire d’une voix aphone combien elle adooore ses livres. Tout ça dans un anglais rendu approximatif par l’émotion et s’évanouir à ses pieds. Comme une diva, bien sûr.

Ce n’est pas non plus le titre d’un roman. Quoique. Là, je rêve. J’aurai pu gagner le Pulitzer du meilleur écrivain inventeur de scènes psychédéliques. Pas de problème, je prends, du moment que c’est un Pulitzer. Même s’il est en papier mâché…

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Les animaux dans Shouna la genèse maudite

Featured Image -- 1097Ainsi que cela se passe dans tout récit africain traditionnel, les animaux tiennent une place importante. Aussi, dans Shouna la genèse maudite, chacun a un rôle qui lui est attibué en fonction de sa personnalité. Par exemple Sékou le Perroquet est messager car il vole et est bavard. C’est un rôle qui lui sied à merveille. Quand à Sindakh le lézard, il estparrot-1417286__340 peureux. Il s’enfuit au moindre bruit. Il est de nature inquiète. Il sert son roi avec rigueur car il a peur de ce qui peut lui arriver en cas de désobéissance. Il vit dans une anxiété permanente. Comme il secoue sa tête de haut en bas  et qu’il ouvre et ferme sa bouche en même temps, il raconte tout ce qu’il sait. Aussi, il ne peut garder aucun secret.

lizard-4217059__340Dans selon la mythologie  africaine (n’oublions pas que la première religion en Afrique fut l’animisme) chaque animal sur terre a été un  humain qui a été déchu de ce statut suite à une punition divine. Cependant, après cette déchéance, ils ont continué à vivre au contact des humains avec qui ils ont convenu d’une protection mutuelle. Un jour, les humains n’ont pas tenu parole. Les animaux ont donc décidé de s’éloigner de ces derniers. Pris de remords, les hommes promirent que chaque clan s’engage à ne pas consommer la chair d’un animal. C’est ainsi que sont nés les totems.botswana-2219374__340

Les chasseurs, maîtres du monde de l’invisible font des sacrifices à l’esprit de la forêt pour qu’il accepte de lui offrir un des siens. Chaque animal tué est remercié d’avoir accepté de se sacrifier. Sa dépouille est traitée avec respect et le chasseur ne prendra que ce qui est nécessaire à la survie de son village. Rien de plus. Selon la mythologie africaine, chaque partie de la nature appartient à une déesse ou à un dieu qui veille sur son aqua-4018983__340bien-être.

Mamie Wata est connue sur une grande partie de l’Afrique subsaharienne. Son nom peut varier selon la région, mais en Afrique de l’ouest, elle est Mamie Wata. Elle est connue pour son intransigeance. Si un sacrifice n’est pas accompli en son honneur, elle prendra tout simplement son dû (noyades). Elle accepte tout ce qui est blanc (lait, cola…) et ne rend un noyé qu’après avoir été honorée. Elle est d’une grande beauté et rend folle toute personne qui posera son regard sur elle. Shouna la genèse maudite fait beaucoup référence à cette mythologie animiste.

A bientôt pour les légendes de chaque animal et pour la suite.

Un extrait de ma nouvelle: désespérance

Un jour, tu fus. Belle. Étale. Lumineuse. Sans une ride. Vierge de toute bosse. Ce moment-là fut. Un jour, la vie s’échappa. Ce don de soi. Ce don de la vie. Cette union avec l’avenir. Ce don de vie qui offre la vie. Lui insuffle l’énergie des lendemains à venir. Demain est si tentant. Plein d’amour et de joie.

Puis vint la réalité. Celle qui brûle les yeux. Qui déshydrate le cœur et réduit l’âme en fumée. De cette réalité qui tient éveillé, des nuits durant, la larme sèche au coin de l’œil. La larme brûlante essuyant la pupille de son souffle sec. Ce souffle sec venant d’un corps rendu aride par la souffrance. Une souffrance qui annihile toute humanité.

L’homme se peut ténèbres. L’homme se peut violent. Douce violence qui lacère, étripe tout signe d’humanité. Un jour viendra et il est proche, le temps des oublis, le temps de désigner ce qui ne fut jamais. Un jour viendra et il s’ancrera dans les mémoires. Un jour où une page se tournera. Une histoire se terminera. Dans un silence profond. Dans une indifférence totale. L’oubli se posera sur l’aile de l’éternité. Le souvenir sera enterré dans un désert de mépris. Honni soit qui se rappellera.

L’amour fit un tour. Puis deux. Puis… deux et demie. La flamme se tarit sous le souffle de l’absent. De celui qui aurait pu être. Ce passage rapide d’une étincelle de bonheur. Puis le néant. La trahison. Un corps saccagé par le désamour. Le rire criant des Autres. Le silence hurlant des Autres. Encore un genou qui se plie et se déplie. Dans la douleur. Et la scélérate vie continue. Se pavane. Enveloppée dans son boubou clinquant. Son rire bruyant. Son regard hautain.

Que la douleur soit ! Et la douleur fut. A jamais. Malédiction profonde qui se pose avec fracas sur les débris d’une vie en deuil. Non, demain, il ne fera pas jour. Demain ne sera plus. Battu en brèche par le poids des malédictions sans fin, demain est enterré sous des tonnes de désirs inassouvis, de rêves avortés. De nuits blanches alimentées par la force du désespoir. De la désespérance. De l’inespérance. De la douleur. Demain est sous terre accompagnant l’espoir et la résilience. Demain ne sera pas un autre jour. Demain ne sera pas.

L’humain a tenu bec et ongle aux bouts de vie. L’humain s’est agrippé à une parcelle fuyante. L’humain s’est agrippé au vide et a connu le fond du désespoir. La vie lui a tourné le dos. Le vide s’est instauré. Trop de plaintes. Trop de cris. Trop de souffrances. L’Autre n’aime pas. L’Autre a peur d’une épidémie. Une épidémie de souffrance. Une épidémie de Douleurs. Une épidémie d’espèces non sonnantes et pas du tout trébuchantes. Et le vide se fit. Doucement. Brusquement. Il s’installa. Lentement. Dans un silence fracassant. Le vide se fit une place. Il la choisit grande. Immense. Totalement égoïste. Enfin un endroit où il se sentait à son aise. Il regardait l’humain qui se recroquevillait sous les mots terribles. Les mots assassins. L’humain qui ravalait ce contingent de larmes brûlantes qui asséchaient sa vie. Ces maudites larmes qui faisaient fi de la décence. L’humain qui se recroquevillait sous le poids des accusations. Sous le poids de l’indifférente accusation de vouloir exister.

La terre-mère appela et l’humain se retourna. Enfin la rédemption. Enfin la paix. Plus de culpabilité. Plus de souffrances ensevelies sous des tonnes d’une terre nourricière et rédemptrice. Enfin la consolation ! Enfin l’amour si vite perdu. En son sein la terre mère accueillit l’humain et atténua sa solitude. Ses peurs. Ses cris. Ses sanglots. Ce silence environnant. Et la terre mère caressa ces cheveux blanchis par la douleur et l’indifférence. Elle caressa ce corps usé par la douleur. Ce corps qui fut et qui ne sera plus jamais. Et une vie s’en alla. Dans un bruyant silence et une indifférence claquante. Une vie qui ne sera plus jamais. Pour l’éternité.

Amélie Diack Antony, le 25 janvier 2018

 

Ô Toi qui passe!!

L’aube de la vie est un moment important pour tout être. Découvrir une famille, une fratrie est laborieuse et épique pour toute âme. Alors, que dire du crépuscule d’une vie ! Quand assis à l’ombres d’un arbre ou sur une chaise enchâssée sur un balcon, étendu dans un lit abhorré, les pensées s’envolent et retracent une vie, riche en rencontres et pauvre en émotions. Une vie pauvre en relation fraternelle. Toujours le dernier sur ce coup-là. Aider quelqu’un dans le besoin est une seconde nature. Par contre, quelle épaule pour vous en cas de besoin. Juste une absence. Une transparence qui s’est installée au fil du temps. Une indifférence dévastatrice. Ignorée. Des réflexions à la troisième personne fustigeant l’absent, en sa présence

Alors regarder un destin sans fards. Poser des questions aux sourds. Des blessures salies. Ah les mots, si libérateurs. Si assassins. Écrasant toute velléité d’explications, de paroles. Souffrance muette. Hurlements sourds. Douleurs insultées. Foulées au pied. Demande ignorée. Ridiculisée. Écrasée de mépris… Et le doigt accusateur !! Ce doigt qui pointe cette inexistence vivante. Ce rebut de la nature qui n’a pas de nom. Pas de visage. Pas d’âme. Pas d’existence….

Des cris dans le désert. Face à une foule qui se meut annihilant les cris sous le sable du désert humain. Ces cris… Ces hurlements. Ces sanglots. Ces douleurs. Si présents. Si bruyants. Si étouffés dans ce monde annihilateur, juge de tous gestes. Sans velléité de compréhension.

Douleurs des gestes hachés. Douleur de l’âme fragmenté. Douleur de l’humain face au désert de l’indifférence. Ô toi qui passe ! Juste pour un temps. Pour une seconde. Pour un temps de ton temps. Arrête-toi. Écoute. Écoute…. Ce n’est pas le vent. Non, c’est un humain. Juste là. Devant toi. Décille tes yeux et regarde. Regarde cette forme qui s’éveille et s’éclot sous ton regard. Insuffle la vie à la transparence. A l’humain annihilé par le mépris. Par le silence. Par l’indifférence.

Ô toi qui passe. Assainis ton cœur et comprend. Comprend la mort lente du non-regard. Comprend les jours orphelins de regards. De paroles. De prise de conscience. Comprend… Comprend ce lien rompu par le temps, l’indifférence, l’insulte, les préjugés. Écoute…. Écoute. Ce mal qui ronge. Ce mal qui tue à petit feu. Ce mal qui dissipe la présence et embrasse l’oubli. Ce mal qui assèche tout sentiment d’empathie. Ce mal qui tue. Rongera t-il tout sur son passage ? Même la transparence ? Même l’empathie ?

Ô toi qui écoute. Entends-tu ce cri dans le désert ? Ce cri d’un humain envahi par la transparence et l’indifférence ? Ce cri qui hurle la vie ? Hurlements muets. Hurlements d’outre-tombe. Écoute la mort qui passe et annihile ce cri. Ce cri de vie. Une vie oubliée. Écrasée par la douleur. Écrasée par l’indifférence. Ô toi qui écoute ! Où es-tu ? Ne passe pas sans regarder. Ne pars pas sans regarder. Avec ton âme. Avec tes tripes. Et tu verras….

Tu verras la vie. Tu verras la force de la vie. Tu verras la résilience. Tu verras un humain à genoux. Tu verras ses larmes perlant à travers des sanglots enragés par l’indifférence. Des sanglots laissant suinter des larmes de sang d’une fin de vie. Des larmes qui annoncent l’outre-tombe. Des larmes….

Et puis, tu verras à travers la transparence la douleur de l’absent présent. L’absent indifférent. L’absent assassin de l’existence d’une vie. L’absent tueur d’empathie. Ô toi qui passe, regarde. Regarde…. Emplis tes yeux de la non existence. Emplis tes yeux de la transparence de l’être. Ô toi qui écoute ! Écoute l’écho du silence de l’être inexistant. De l’être annihilé. De l’être qui est, sans être. Écoute ces sanglots qui se mêlent aux eaux éphémères des oueds asséchés par ce vent rageur. Écoute ces cris mortellement silencieux. Ces cris qui portent le deuil d’une vie qui fut et ne sera plus. Ô toi, ô humain n’assassine pas une fois de plus une présence transparente. Une présence qui indiffère. Pas de pitié. Juste de l’humanité. Un regard qui dit « je te vois ». Une écoute qui dit « je t’entends ». Une voix qui dit « Tu es. Tu existes ». Un regard qui ôte la transparence.

Ô toi qui passe, ne médis pas. Les vies, les destins sont si différents. Ô humain, comprend. Ne juge pas. L’incompréhension est parfois signe d’intelligence. Parfois empathie. Parfois amour. Tout simplement.

Ô transparence qui annihile tout. Sors de ce désert de la vie. Trouve un endroit qui te fera fleurir. Ne reste pas pour assécher un cœur et faire fleurir le désir de non existence. Ne fait pas fleurir toute envie de disparition. Tout désir d’aller vers cette terre légère aux bras maternels grands ouverts et si accueillants. Cette terre qui donnera vie à l’absence. A la mort en effaçant toute transparence et ne laissant que le souvenir de ce qui fut et ne sera plus.

Ô toi qui écoute. Parle aux humains. Dis-leur que la transparence blesse. Que la transparence annihile tout. Que la transparence tue et laisse parler la terre mère si accueillante. Un jour le souvenir viendra. Bien trop tard. La transparence aura pris le dessus, enveloppant l’être affaibli par des années d’indifférence. La transparence en fera offrande à la terre mère. Sans compassion. Juste pour effacer ce qui fut et jamais ne sera.

Amélie Diack Antony le 16/05/2019

SVP. Lisez. Partagez. C’est urgent.

Aujourd’hui, je publie autre chose car je ne peux rester sans rien faire. Une personne souffre et est effrayée du lendemain. Elle est atteinte d’un handicap. Merci

https://www.leetchi.com/c/handicap-et-nouvelle-vie-51722631

Bonjour,
Suite à une maladie neurologique toujours non étiquetée par le corps médical, je suis depuis quatre ans en incapacité de travailler, pour les médecins la reprise du travail est inenvisageable car cela détériorerait mon état de santé encore plus qu’il ne l’est. Sans salaire, sans aide (car je ne rentre dans aucun cadre): je suis à la limite de l’expulsion suite à des arriérés de loyer impayés, je suis devenu interdit bancaire suite à des crédits non payés car plus de moyens d’assumer mes responsabilités! Sans le sous, sans minimum vitale pour vivre, pas d’accès au soins. C’est pour cela que je vous sollicite pour m’aider à survivre à cette situation, pour que par la suite je reprenne des forces pour trouver un travail à domicile, qui me permettra d’avoir de nouveau un salaire et de retrouver un minimum pour vivre convenablement !Merci. Lydia

Faites passer. Partagez. Laissez parler votre cœur. Merci à tous et à toutes

POUSSIN S’EST ENDORMI – (A Rudy, mon petit frère)

La nuit a posé son voile sur la terre des hommes. Elle s’est étirée d’un bout à l’autre de la terre des hommes. Le firmament comme une nuit de fête a éclaté de milles feux. L’homme se sent si petit dans cet univers illuminé. Cet homme est fatigué. Il a usé toutes ses forces pour une humanité qui l’ignorera toujours. Son corps ne réagit plus qu’à la douleur de la fatigue. Une bonne détente, un bon bain, un bon repas et les batteries seront rechargées.

Le téléphone sonne. Un ami. Une voix dans ces ténèbres harassées. Une voix connue. Une invitation. Une sortie. Un match. Une probable rencontre. Intéressant. Une voix usée répond oui. Se changer les idées. Qui refuserait, surtout quand on a trente ans ?
Un bain. Une préparation méticuleuse. L’espoir d’une bonne soirée en compagnie de gens intéressants. Peut-être une âme égarée, solitaire à consoler. L’homme est parti après avoir posé un baiser apaisant sur le front inquiet d’une mère poule.

Ce soir, elle ne s’endormira qu’après son retour. C’est un secret de polichinelle entre eux. Il rentrera sur la pointe des pieds, la sachant à l’affût. Il fera un peu de bruit dans la salle de bains. Elle fermera enfin les yeux, rassurée : poussin est rentré au nid.
La nuit s’en est allée, discrètement, sur la pointe des pieds. Le jour a montré sa face réjouie. Le soleil s’est amusé de la fatigue des humains et de leur obligation à se lever. Doucement, les yeux se sont ouverts à la vie.

Discrètement, une mère s’est levée. Elle a préparé un café plein d’amour, mis le couvert. Elle a préparé la table du petit déjeuner. Dans quelques instants, son petit poussin arrivera, trainant les pieds, la mine renfrognée. Il éclatera de rire en la voyant et, tout en buvant son café, lui racontera sa nuit de folie. Elle lui fera des remontrances. Il affichera une mine mi contrite, mi amusée. Il acquiescera à tout, sans écouter un mot. La mine réjouie, il recommencera dès le weekend suivant.

Ce matin, le soleil assistera à une autre rencontre mère-fils. Le café aura un goût de plaisir, de déjà-vu merveilleux. Ce matin, poussin est en retard. Sa nuit a dû être plus harassante que les autres.

Ce matin, une mère, sur la pointe des pieds, s’en va réveiller son fils. Il doit aller travailler dans une heure. Il sera en retard. Ce matin, une mère a posé la main sur l’épaule dénudée de son fils. Elle est glacée. Ce matin, le café sera froid et solitaire. Ce matin poussin n’ira pas travailler. Il n’ira plus travailler. Ce matin, poussin s’est endormi.

Amélie Diack

Un jour, un moment

C’est arrivé. Un jour. A un moment. Un moment furtif. Immobile dans le temps. Un temps furtivement lent. Furtivement long. Le moment qui vous marque. Qui vous fait oublier l’instant. L’instant présent. L’instant important. Plus important que le souffle de la vie. Ce moment là….

C’est arrivé. Personne ne l’a su. Personne n’a voulu le savoir. C’est arrivé. Dans une indifférence générale. Un moment invisible. Lumineusement invisible. Bruyamment insonore. Un jour qui semble être comme un autre. Mais si unique. Si insaisissable. La nouvelle est tombée…

Une nouvelle incroyablement violente. D’une violence crasse. D’une violence sans nom. De cette violence qui balaye tout sur son passage. Qui vous laisse à genoux. Sans voix. Sans souffle. Une tempête. Un raz de marée. Tout à été balayé. Emporté. Noyé. Brisé. Même l’horloge du temps. L’horloge de la vie.

Il s’en est allé. Il a tiré sa révérence. Il s’est enfui. Il a fui. Sur la pointe des pieds. Doucement. Sournoisement. Il s’en est allé. Laissant la place au silence. Au terrible silence. Silence de désespoir. Silence du culpabilité. Silence… Il n’est plus. Il ne sera peut-être plus. Pas la peine de le chercher. Il est resté introuvable. Il a louvoyé entre les moments de la vie. Il s’est éclipsé. Il s’en est allé, oubliant cette marionnette branlante de la vie. Il s’en est allé. Sans un regret. Sans un regard en arrière. Le bonheur….

Il a dit « Nègres »

Réponse aux propos de Jean-Paul Guerlain lors de son intervention télévisée sur France 2 le 15 octobre 2010. « J’ai travaillé comme une Nègre. Je ne sais pas si les Nègres ont toujours travaillé ». 

Il a dit Nègre, ce vieillard plein de sa suffisance coloniale. Il a dit Nègre engoncé dans son 240_F_11814547_qC5nXrCI7VQ2fnXGL3oGNBlWmiOCcLYIracisme qui ne dit pas son nom. Il ignore si les Nègres travaillent beaucoup, dit-il, imbu de sa bêtise. Alors, Monsieur Alzheimer, reprenons le cours de nos histoires.

Non, le Nègre ne travaille pas. Il a plié le dos des siècles durant dans les240_F_363600_5nATPMexOCdwFBcQsAbPreSthUwF3q champs de canne. Il a construit l’économie des îles, de l’Europe en échange de son âme, de son sang, de sa vie.

Non, le Nègre ne travaille pas. Il a juste servi de chair à canon pour libérer l’Europe du joug de la guerre. Non, le Nègre ne travaille pas, il balaye vos trottoirs, nettoie vos saletés, torche vos enfants, essuie la bave de vos aïeuls, 240_F_64568663_mfBKpbNED9MM50d4tX4hmDCMFaVebR6Esoigne vos malades, conduit vos bus, s’occupe de vos courriers…

Non, le Nègre ne travaille pas. Il vous informe jour après jour de l’actualité. Il est économiste, homme politique, travailleur chez Renault, chef d’entreprise….

Non, ingrat qui regrette le bon vieux temps. Faut-il réinstaurer l’esclavage afin que vous voyiez la Négraille au boulot?

Amélie DIACK le 19/10/2010

Le théâtre Africain/Antillais – sa place dans la littérature et la société

Pas de crainte à avoir. Je ne vais pas me lancer dans de grandes envolées lyriques, mais plutôt je vais essayer de vous expliquer brièvement un genre littéraire qui est plus compliqué qu’il n’y paraît. Je veux juste que vous ayez une idée du rôle de cette forme de littérature dans les deux sociétés, si je peux m’exprimer ainsi.

Un sujet très actuel en Afrique et aux Antilles. Je vais vous dire pourquoi. L’Afrique a une très grande Histoire orale, transmise par les griots. Tous les messages royaux étaient transmis de village en village par des hérauts-griots et par des tambours sacrés. Ensuite, n’oublions pas que les Antilles étaient une terre d’esclavage où les esclaves devaient user de moyens pour diffuser leurs messages à l’insu des planteurs. Cela se faisait par des chansons ou des pièces de théâtre. Cette place du théâtre reste toujours aussi importante actuellement, bien que cela ne permette pas de passer des messages secrets, mais plutôt de les diffuser au su et au vu de tous pour le plus grand bienfait des populations.

Presque tous les écrivains classiques noirs passent par la case théâtre et les nouveaux suivent ce mouvement aussi bien que possible. Souvent avec beaucoup de succès. En Afrique, les messages sont souvent sanitaires pour mettre fin aux grandes épidémies, pour faire de la prévention, pour aborder les problèmes et faits sociétaux. Les troupes théâtrales véhiculent leurs messages de place de village en place de village. Aux Antilles, il ne s’agit pas de messages sanitaires, mais d’un rappel de l’histoire caribéenne. Le rôle de la parole reste le même partout: La transmission.

Lorsque j’ai abordé le conte, j’ai expliqué que chaque conte était une pièce de théâtre en lui-même. car ces derniers expliquent aux jeunes spectateurs la tradition, l’éducation, le civisme, l’histoire. C’est pour cela qu’il ne faut pas s’étonner de son importance pour les écrivains.

J’espère que j’ai pu vous renseigner simplement sur un sujet important, un classique de la littérature Noire. Vite, allez prendre une grande tasse de thé pour permettre à vos neurones de revenir et de fonctionner à nouveau. Santé!

Driss Chraïbi, le rebelle Marocain (1926-2007)

Eh oui, nous continuons dans la veine du roman policier. Nous allons du côté du Maghreb pour faire connaissance avec un écrivain haut en couleur et qui ne connaît pas la langue de bois. Je l’ai déjà dit et je le redis encore, j’adore les écrivains Maghrébins. Ils sont un brin torturés ou écartelés par des choix machiavéliques. Ce qui donne toujours des romans d’une grande richesse, d’une grande finesse. Quand je referme leurs livres, mon cerveau fait un brain storming qui n’est pas désagréable. Driss Chraïbi est un de ces auteurs que je prends toujours plaisir à lire.

Il est né le 15 juillet 1926 à El Jadida au Maroc et s’installe en France en 1947. Il est le rebelle qu’on peut aimer ou haïr car il pose sa plume là où il fait mal socialement. L’encre de sa plume est le vitriol. La conscience sociétale ne se repose pas avec lui. Au contraire. Dès son premier roman Passé simple (1954), il montre sa future ligne de conduite. Il y parle de conflits de générations. Il y attaque la tradition Marocaine qu’il trouve pesante. Les attaques des « bien-pensants » ne tardèrent pas. Certaines vérités ne sont pas bonnes à dire et ce n’est pas ce que pense Driss Chraïbi. Il gardera toujours ce style caustique jusqu’à sa mort, le 1er avril 2007.

Dans Mère du printemps (1982), il défends les Berbères et parle de la libération de la femme. Dans Les boucs (1955), il dénonce le racisme anti-Maghrébins, le sort de ses frères sur le sol Français. Il atteint les sommets du caustique avec Civilisation, ma mère (1972) où il plaide en faveur de l’émancipation de la femme. Il y salue la renaissance et la liberté de la femme. L’inspecteur Ali* (1991) décrit avec beaucoup d’humour les tribulations et les conditions d’enquêtes d’un inspecteur. Comme tout écrivain, il arrive un moment où l’on se retrouve face à soi. C’est le cas de Driss Chraïbi qui écrit son autobiographie en 2001 le monde à côté. Je pense que c’est le seul roman où il laisse parler la tendresse, les éclats de rire, les souvenirs.

BIBLIOGRAPHIE (*romans policiers)
1954 Le passé simple
1956 L’âne
1961 La foule
1962 Succession ouverte*
1996 Un ami viendra vous voir
1981 Une enquête au pays*
1992 Les aventures de l’âne Khal
1993 Une place au soleil
1994 L’homme du livre
1996 L’inspecteur Ali à Trinity College*
1997 L’inspecteur Ali et la CIA*
1998 Vu, lu, entendu – Mémoire
1999 L’âne Khal invisible
2004 L’homme qui venait du passé
2007 Un homme debout – entretien