Sokhna Benga – Des mots pour des maux sociétaux – Interview

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

sokhna-bengSokhna Benga n’est plus à présenter dans le monde Littéraire. Sa voix s’élève pour dire, pour écrire les maux d’une société quelle connait si bien. D’une société qu’elle côtoie et, surtout dans laquelle elle vit. Sokhna Benga parle des maux avec des mots forts. Qui frappent. Qui touchent l’âme. Le cœur. La conscience. L’inconscience. Des mots qui interpellent. Qui révèlent des maux oubliés. Tus par les bien pensants.

J’ai été surprise par la disponibilité de cette écrivaine de mérite,  de sa gentillesse, de sa patience. Merci Sokhna Benga. D’avoir accepté. Tout simplement.

Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cette interview

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis écrivain, scénariste, éditrice à mes heures perdues, administrateur des affaires bengawaly3maritimes et Directrice des Transports maritimes et fluviaux et des Ports à l’Agence nationale des Affaires maritimes, au Ministère de la pêche et de l’économie maritime.

Pouvez-vous nous parler votre…

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Entretien avec Momi M’buze, l’écrivain Congolais qui réveille les consciences

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

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Bonjour Momi M’buze. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien.

1596907_10153842191115173_1491849025_oAD Pouvez-vous vous présenter ?
MM Je suis Momi M’buze, de mon nom complet : M’buze Noogwani Ata Ye Mieko Momi. Je suis né un 11 juin à Kinshasa, papa de 3 enfants, marié, je vis en Belgique depuis mes 16 ans.

« Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”.

AD Votre nom a-t-il une signification particulière ?
MM Oui M’buze, mon nom de famille, designe “l’enfant que l’on a eu dans sa jeunesse”, son premier. Il est question ici de mon père.
Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et…

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Mon rêve sur le cinéma sénégalais

Il y avait une éducations très stricte à la maison. Pas de boîtes de nuit. Pas de bals. Pas de visites intempestives. Il fallait demander la permission de sortir des mois avant aux parents, très souvent, en vain.  Alors, le seul plaisir qui restait était celui d’aller au cinéma. C’était cadré. Très cadré. Il fallait y aller en compagnie du petit frère qui n’en avait aucune envie. Alors, à la frontière de la Médina, l’argent était partagé équitablement et chacun partait de son côté.

C’était l’époque des films de Bollywood et de karaté avec Bruce Lee. Je me jurais d’écrire un roman sur les cinémas  de la ville.. Pas sur les films. Nooonn! Sur la salle et les spectateurs. Eh oui le spectacle était dans la salle. Pas côté fauteuil. Mais côté « geetu bey » (le parc à moutons), un peu plus bas, proche de la scène. Les places les moins chères en somme. Le film se déroulait dans la salle. Les spectateurs connaissaient par cœur les chants d’amour Bollywood ainsi que les acteurs. A « Geetu Bey » tout le monde chantait avec les acteurs, pleurait avec les actrices. Sans compter les réflexions « ne l’écoute pas, il te baratine« , « n’ouvre pas cette porte », l’assassin est derrière toi » « fuis, fuis », je te l’avais dit, mais tu ne m’as pas écouté. Bien fait pour toi ». 

Pour les films de karaté, tout le monde s’identifiait à Bruce Lee. Les spectateurs n’hésitaient pas à répéter les phases de leur idole et de l’applaudir à chaque fois qu’il faisait un geste. Cependant, le plus difficile était d’acquérir le billet pour entrer dans la salle.  C’était la foire d’empoigne. Il fallait porter un jean et un tee shirt et monter sur les barricades. Il fallait se battre avec les voyous qui rackettaient les gens avant de consentir à les laisser acheter leur billet. Finalement, aux cinémas Luxe et Malick Sy, gagner le respect de ces derniers à coup de prises de judo et de close combat: techniques militaires, avait été très facile. Les batailles étaient un accessoire. Finalement, il suffisait de nous présenter, sans faire la queue, et d’aller acheter les billets. Alors, promis, un jour, j’écrirai. Je raconterai le « geetu bey ».

NAGUIB MAHFOUZ DANS LE TRAIN

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Quel rapport entre ces deux là? pensez vous.  Nooon, je ne l’ai pas vu dans le train. A ma connaissance, il ne l’a jamais pris. Pas à Paris. A mon avis, si c’était le cas, j’aurai provoqué un incident diplomatique franco-sénégalo-martinico-égyptien. C’est vous dire l’ampleur de mon statut de fan pour cet écrivain. Je vous décris la scène, Naguib Mahfouz essayant de semer une fan échevelée et presque aphone tellement elle hurle son nom « Naguiiiiiiibbbb« !!! Tout ça pour lui dire d’une voix aphone combien elle adooore ses livres. Tout ça dans un anglais rendu approximatif par l’émotion et s’évanouir à ses pieds. Comme une diva, bien sûr.

Ce n’est pas non plus le titre d’un roman. Quoique. Là, je rêve. J’aurai pu gagner le Pulitzer du meilleur écrivain inventeur de scènes psychédéliques. Pas de problème, je prends, du moment que c’est un Pulitzer. Même s’il est en papier mâché…

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Entretien avec Théo Ananissoh, homme de Lettres Togolais – 1962

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9782072733307_1_75Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée. Si je vous dis « qui êtes-vous ? », que répondez-vous ?
Théo Ananissoh, écrivain togolais.

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
Eh bien ! la maternelle et l’école primaire à Carnot et à Berberati (c’est en République centrafricaine où je suis né en 1962), le collège à Lomé au Togo, le lycée à Dapaong, également au Togo, et l’université à Lomé puis à Paris (La Sorbonne, Paris III).
Un bon souvenir de l’école primaire évangélique à Carnot : les pasteurs suisses qui nous éduquaient. Des femmes douces et patientes. Quelque chose s’est fixé en moi alors pour la vie.

A.D. Pouvez-nous parler de vos souvenirs d’enfance ?002496089
J’ai commencé. Enfance merveilleuse en Centrafrique dans les années 60 et 70. Du fait de la profession…

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Roland Brival – 1950 – Touche à tout Martiniquais

41FNYVSEGQL._UY250_Roland Brival est un auteur Martiniquais né en 1950. Il a grandi en France. Cet artiste porte de nombreuses casquettes. Tout d’abord, c’est un artiste complet. Il est en effet, peintre, sculpteur. Ce qui lui a permis pendant longtemps de vivre entre Paris, Londres et New York où il a fait de nombreuses expositions. Il est aussi un homme de scène. D’ailleurs, jusqu’en 1985, en Martinique, il a dirigé une troupe théâtrale: Boua Boua. En tant qu’artiste, il est aussi chanteur et musicien, auteur pour chansons d’enfants , entre autres, jazzman.0357396

Comme si cela ne suffisait pas, il a été critique littéraire pour le magazine Elle. Roland Brival est un écrivain à part entière. Il a été ordonné chevalier des Arts et Lettres en 2013. Il est aussi titulaire de prix:

  • 1985 Prix Littéraire des Caraïbes de l’ADELF pour Tambours de Gao
  • 2000 Prix du livre RFO pour Biguine Blues

9782748103441_1_75Les romans de Roland Brival reflètent sa créolité. Il aborde souvent des sujets qui touchent des pans oubliés de l’histoire des Caraïbes. Par exemple, dans le dernier des Aloukous. Il aborde aussi un sujet qui lui tient à cœur, le métissage. A travers ses écrits, on ressent son héritage musical car ses mots ont une belle résonnance. Roland Brival est une grands richesse pour le patrimoine Créole.

Bibliographie

  • 1978 Martinique des cendres
  • 1982 le sang du roucou
  • 1983 La montagne d’ébène9782859405137
  • 1985 Les tambours de Gao
  • 1986 No man’s land
  • 1991Le chevalier de saint Georges
  • 1996 Le dernier des Aloukous
  • 1998 Bô
  • 1998 Bienvenue à Fort de France – nouvelle
  • 1999 Biguine Blues
  • 2000 La robe rouge
  • 2001 Sang-mêlé – nouvelle
  • 2002 En eaux troubles
  • 2004 Coeur d’ébène
  • 2004 Berlin, Berlin – Nouvelle
  • 2005 Un amour de Saanbad
  • 2007 L’ensauvagé
  • 2010 Antilles: secrètes et insolites
  • 2016 Nègre de personne
  • 2017 Sato San le maître des corsets
  • 2018 Les fleurs rouges du flamboyant