Sokhna Benga – Des mots pour des maux sociétaux – Interview

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

sokhna-bengSokhna Benga n’est plus à présenter dans le monde Littéraire. Sa voix s’élève pour dire, pour écrire les maux d’une société quelle connait si bien. D’une société qu’elle côtoie et, surtout dans laquelle elle vit. Sokhna Benga parle des maux avec des mots forts. Qui frappent. Qui touchent l’âme. Le cœur. La conscience. L’inconscience. Des mots qui interpellent. Qui révèlent des maux oubliés. Tus par les bien pensants.

J’ai été surprise par la disponibilité de cette écrivaine de mérite,  de sa gentillesse, de sa patience. Merci Sokhna Benga. D’avoir accepté. Tout simplement.

Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cette interview

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis écrivain, scénariste, éditrice à mes heures perdues, administrateur des affaires bengawaly3maritimes et Directrice des Transports maritimes et fluviaux et des Ports à l’Agence nationale des Affaires maritimes, au Ministère de la pêche et de l’économie maritime.

Pouvez-vous nous parler votre…

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Entretien avec Momi M’buze, l’écrivain Congolais qui réveille les consciences

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

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Bonjour Momi M’buze. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien.

1596907_10153842191115173_1491849025_oAD Pouvez-vous vous présenter ?
MM Je suis Momi M’buze, de mon nom complet : M’buze Noogwani Ata Ye Mieko Momi. Je suis né un 11 juin à Kinshasa, papa de 3 enfants, marié, je vis en Belgique depuis mes 16 ans.

« Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”.

AD Votre nom a-t-il une signification particulière ?
MM Oui M’buze, mon nom de famille, designe “l’enfant que l’on a eu dans sa jeunesse”, son premier. Il est question ici de mon père.
Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et…

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Entretien avec Théo Ananissoh, homme de Lettres Togolais – 1962

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

9782072733307_1_75Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée. Si je vous dis « qui êtes-vous ? », que répondez-vous ?
Théo Ananissoh, écrivain togolais.

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
Eh bien ! la maternelle et l’école primaire à Carnot et à Berberati (c’est en République centrafricaine où je suis né en 1962), le collège à Lomé au Togo, le lycée à Dapaong, également au Togo, et l’université à Lomé puis à Paris (La Sorbonne, Paris III).
Un bon souvenir de l’école primaire évangélique à Carnot : les pasteurs suisses qui nous éduquaient. Des femmes douces et patientes. Quelque chose s’est fixé en moi alors pour la vie.

A.D. Pouvez-nous parler de vos souvenirs d’enfance ?002496089
J’ai commencé. Enfance merveilleuse en Centrafrique dans les années 60 et 70. Du fait de la profession…

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Amélie Diack, Angéline Monceaux et Lara Lee Lou Ka. Les femmes au clavier, et ça fait du bien… 19 septembre 2018

Pourquoi ces trois auteures en battle ici et aujourd’hui ? Je dois avouer que depuis Charlie de Fanny Kim, Kuru de Katia Campagne et le Quart d’heure de Gloire de Mari Delle j’ai eu maintes fois l’occasion de me rendre compte que le niveau des auteures indépendantes tenait la dragée haute aux productions masculines.
Bon, je ne suis pas chroniqueur aussi lorsque je parle d’un collègue, je me place en tant que lecteur lambda et donc je vous invite à creuser davantage si vous souhaitez en savoir plus sur ces trois nouvelles auteures dont je vais parler ici, plus ou moins en parallèle.
Vous comprendrez que c’est une recherche de présentation ludique qui nous vaut de mesurer Sheendara à Freesia, et la magie des personnages de Lara à celle des sorciers du monde d’Amélie Diack.
En terme de qualité narrative, on peut dire que les trois auteures tournent bien leurs phrases et que chacune d’elles nous entraîne, l’air de rien, là où elles ont décidé de nous conduire.
Freesia est la promesse d’une terre d’exil pour les survivants de l’agonie de notre pauvre planète Terre, à laquelle on en a quand même fait voir des vertes et des pas mûres. L’héroïne d’Angéline Monceaux qui nous raconte l’histoire est devenue survivaliste par la force des choses et aurait probablement périclité dans un squat improvisé, faute de nourriture ou victime d’une maladie. Au lieu de cela, elle se fait capter par un militaire qui l’enrôle dans un programme spatial voué à envoyer une colonie sur une planète éloignée. Bien sûr les choses tournent mal et la navette atterrit, tant bien que mal, sur un monde inconnu, Freesia.
Pour moi, la première partie de l’histoire est la plus intéressante, tandis que la seconde ouvre tant de perspectives qu’on pourrait décliner ce livre en une petite série. Ici, la narration à la première personne tient compte de la pudeur de notre exilée et de son choix logique d’insister sur les aspects positifs de son parcours sans éluder totalement les moments difficiles de cette expédition. De la SF qui ne vous donnera pas de cauchemars mais un bon moment de lecture…

Sheendara quant à elle est une terre déjà peuplée, et par de nombreuses ethnies proches de l’univers de Tolkien. On a des nains, des humains, des centaures et des créatures tout droit sorties de l’imaginaire de Lara Lee Lou Ka. On suit ici un guerrier, du moins un homme entraîné au combat, mais amnésique – non, oubliez Jason Bourne, pour une fois – qui déboule parmi des femmes liane, la brindille à l’air. C’est aussi l’histoire d’une rousse volcanique accompagnée d’un androïde médecin. Un tas de personnages, des lieux variés, sûr qu’on se balade dans ce premier volet. Forcément, le mal gagne tout le pays et il faut trouver une échappatoire rapidement. Une narration à la troisième personne, soignée, offre de capter le ressenti des nombreux intervenants, leur histoire et de se situer dans l’engrenage complexe mais limpide de cette auteure prolifique.
A mon avis, ne perdez pas trop de temps entre deux épisodes si vous accrochez à cette série, car vous pourriez perdre quelques noms au passage et décrocher par moments. Cela dit, la lecture est agréable et la compréhension de mise, ce qui, vu l’ambitieux sens du détail de l’auteure, relève de l’exploit. Alors si vous aimez les descriptions pointues sans être lourdes, il y aura toujours un trou de ver en partance pour Sheendara…

On en arrive à ma dernière lecture estivale, Shouna. ici, point de voyage spatial ni de fantasy. On entre dans les mythes et légendes africains, à renfort de djinns, de sorciers, et un petit être au destin très particulier, partagé entre ombre et lumière, dans une lutte éternelle entre le bien et le mal. Amélie Diack nous offre une histoire trempée dans un folklore qu’elle maîtrise, et cette culture qui ressort de ce conte fantastique donne une singularité remarquable à ce récit. Amélie Diack nous emmène au cœur de l’Afrique et pour moi qui a surtout été bercé enfant de littérature et de cultures américaine, nippone et européenne, le contraste flagrant entre nos univers est saisissant. J’ai découvert cette ambiance, ces coutumes et ces croyances à travers les yeux de Shouna et l’imaginaire d’Amélie, et je vous invite au dépaysement avec ce petit roi qui dont le parcours initiatique vous promet de belles surprises.

On ne sait jamais qu’un livre va nous prendre par la main avant de l’avoir lu…

Les cris muets à la face du monde – 6 Septembre 2018 – Rédigé par Virginie Vanos – Entretien avec Amélie Diack

C’est avec une joie infinie que j’entame cette rentrée littéraire. Car j’ai décidé d’aller à la rencontre de femmes, artistes, créatrices, complexes, fascinantes. Ma première interview est une entrevue avec Amélie Diack, auteure et chroniqueuse que j’estime particulièrement. Née au Sénégal, d’une mère martiniquaise et d’un père sénégalais, elle vit actuellement en France.

VV : « Bonjour Amélie, vous êtes auteure, chroniqueuse et, à mes yeux, une grande humaniste. Commençons alors par vos livres. Comment résumerez-vous votre travail et votre approche personnelle ? »
Amélie Diack : « Bonjour Virginie. Humaniste est un bien grand mot. J’ai du respect pour tout ce qui vit. Tout simplement. En ce qui concerne mon écriture, il n’est pas facile d’en parler. Écrire, pour moi, représente une façon de vivre.
L’écriture c’est ma vie, mes maux, mes mots, mes tripes.
Mes cris muets à la face du monde. L’écriture est une seconde nature. Je pose les mots comme ils me viennent. Je les laisse prendre vie et me guider dans l’histoire qu’ils racontent. Je ne suis que la messagère. Je n’ai pas d’organisation particulière.
J’écris partout où je me trouve. Mon petit carnet ne me quitte pas et recèle des trésors de mots, de phrases, d’idées. Ces bouts de quelque chose qui prendront vie et deviendront une histoire. Un roman. J’adore emporter les gens dans un univers parallèle où se mêlent le réel et l’irréel.
Le tout bercé par mes origines, les histoires que nous nos racontions pour nous faire peur ou pour nous faire rire.
J’écris la vie. Les souvenirs bons ou mauvais. Les rêves. Écrire permet à la grande timide que je suis, de m’exprimer. De bavarder. Tout simplement »

VV : « Vous m’avez un jour dit qu’il n’y avait pas de mauvais livre… Pouvez-vous préciser votre pensée à ce sujet ? Vous parlez si souvent d’émotions… »
Amélie Diack : « Un proverbe sénégalais dit que « l’homme est le remède de l’homme ». Quel lien avec les émotions ?
Tout simplement que les émotions nous rapprochent de l’autre sans qui nous n’existons pas. Je suis une femme pour qui les sens, les émotions sont très importants.
Qu’est-ce qu’un bon ou un mauvais livre ?
Sur quels critères peut-on se baser pour encenser ou descendre en flammes un livre ?
D’ailleurs qui sommes-nous pour nous octroyer ce droit ?
Un livre, c’est avant tout l’imaginaire de quelqu’un. Ses mots. Son histoire. Son imagination. On peut comprendre un livre car il nous parle ou touche une partie de notre vie, de nos souvenirs. Nous comprenons l’histoire et la portons dans notre cœur.
Nous comprenons l’auteur.
D’autre part, ce même livre peut nous déranger. Ses mots, son histoire nous sont hermétiques. Peu importe les raisons qui peuvent être personnelles, émotionnelles. Cela dépendra toujours de la personne qui le lira. Les émotions sont importantes pour moi. Elles sont l’essence même de l’Humain, de l’animal.
Ces émotions nous aident à construire notre histoire, notre vie. Elles en font l’unicité, la particularité. Je suis une écorchée vive. Ce qui m’a permis d’exercer des métiers où je devais prendre en charge les émotions des autres.
De les comprendre.
D’être humble face à l’évidence. Face au destin. L’émotion nous rend notre humanité. Cette humanité, je l’ai mise au service de la souffrance des autres. Face à leur désespoir. L’Humain sans émotions, n’est tout simplement pas. »

VV : « Y a-t-il des livres que vous refuseriez de chroniquer ? Il y a un an de cela, j’ai pour ma part refusé de publier l’interview d’un auteur dont les propos prosélytes touchaient à l’extrémisme fascisant… Pensez-vous que parfois, d’expression notre conscience morale et citoyenne puisse primer face à notre sens de la liberté d’expression ? »
Amélie Diack : « Selon moi, la liberté d’expression a des limites. Nous avons le droit de dire ce que nous voulons tant que nous ne blessons pas les autres.
Tant que nous ne les stigmatisons pas. Tant que nous ne les rabaissons pas. Tant que nous ne portons pas atteinte à l’Humain. C’est cette philosophie de vie qui me fera refuser de chroniquer un livre. Et même de le lire, malgré ma curiosité intellectuelle.
Donc oui, je refuserai de chroniquer des livres qui seront ouvertement racistes, antisémites, anti blancs…
La liberté d’expression de ces auteurs touche l’Humain au plus profond de lui, par rapport à sa religion, sa couleur de peau, son rang social ou autres. C’est juste un devoir qu’a toute personne pour la postérité. Malheureusement, la Mémoire humaine est très courte et l’histoire du Monde est un éternel recommencement. C’est dommage. »

VV : « Vous m’avez récemment confié être profondément touchée par tout ce qui concerne l’atteinte à la dignité humaine. Pouvez-vous définir votre conception de la dignité humaine ? Quels sont les moyens que vous mettez en œuvre pour combattre ces atteintes ? »
Amélie Diack : « La dignité humaine… Si simple et si difficile à définir. La dignité humaine est tout ce qui permet à l’Humain de vivre décemment.
Tout ce qui lui permet d’accéder au minimum vital pour avoir une vie. C’est le respect, l’accès à la nourriture, au logement…
Tout ce qui lui permettra de marcher la tête haute, d’agir comme il le souhaite tant que cela ne porte pas atteinte à l’intégrité d’autrui. Oui, je suis profondément touchée par ces hommes, ces femmes qui quittent leur terre, leur famille pour affronter la mort, dans l’espoir de jours meilleurs.
Je suis blessée de voir que l’esclavage existe encore sous toute ses formes.
De voir ces enfants des rues à travers le monde.
Ces femmes bafouées du fait de leur statut de femme, ces fillettes poussées vers le mariage précoce du fait de traditions obsolètes. Je suis indignée de voir un Humain tué du fait de sa religion, de la couleur de sa peau.
Durant une grande partie de ma vie, j’ai milité, j’ai battu le pavé pour les causes qui me tenaient à cœur.
Des causes qui me tiennent toujours à cœur.
Depuis mes dix ans.
Maintenant, je fais passer des messages. J’explique. Je viens en aide, humblement, à ceux qui en ont besoin. Dans la limite de mes capacités. »

VV : « Que vous ont appris vos recherches anthropologiques et ethnographiques sur le monde actuel ? »
Amélie Diack : « Beaucoup de choses. Chaque peuple a son histoire, ses codes, ses us et coutumes, ses traditions. Certaines traditions sont plus pérennes que d’autres.
Pour lutter contre une tradition obsolète, il ne faut pas la criminaliser, mais expliquer pour changer les mentalités. C’est long, difficile. Mais, c’est ce qui permettra de gagner le combat car cette bataille se gagne au long cours.
Aussi, il ne faut pas avoir des préjugés car l’interprétation de chaque geste peut prêter à confusion.
Par exemple, quand je suis arrivée en France, j’avais l’habitude de baisser les yeux en parlant aux personnes plus âgées. Ce qui pour moi, était signe de respect. Les gens trouvaient que j’étais fausse. Je ne comprenais pas et en souffrais beaucoup.
Il a fallu que ma sœur m’explique qu’en France on regardait les gens dans les yeux. J’y suis arrivée. Mais ce fut très difficile. La situation des femmes de ménages, par exemple, n’a guère évolué.
Les violences sont toujours présentes, malgré les syndicats, les lois. Les violences sont financières, verbales, psychologiques.Je suis métisse. Mes parents m’ont toujours appris à respecter l’autre à travers son histoire, ses traditions, etc. Ils nous l’ont démontré en nous inculquant le meilleur des traditions, des coutumes, des histoires de chacun. Une vraie richesse. Une leçon de tolérance. »

VV : « J’ai souvent l’impression que notre liberté d’expression est bien plus bridée que dans les années 80. Quel est votre sentiment à ce sujet ? »
Amélie Diack : « Je pense que le politiquement correct est à l’ordre du jour. On ne peut pas dire certains mots de peur de subir une chasse aux sorcières.
Cependant, je pense que dans les années 80, la liberté d’expression n’avait pas de limites. Ce n’était pas forcément la panacée. Le fait est que nous sommes passés d’une extrémité à une autre. Il n’y a pas de juste milieu. »

VV : « Avez-vous des héros personnels à qui vous souhaiteriez rendre hommage ? »
Amélie Diack : « Oh oui. Tout d’abord Winnie Mandela. Eh oui, contrairement à tous ceux qui l’ont diabolisée sans connaître son histoire, je trouve que cette femme est un exemple.
Elle a eu quelques déboires. Mais, sans la voix de Winnie, Nelson Mandela ne serait pas. Plutôt, il serait un illustre inconnu. Cette femme a élevé ses enfants seule, tout en restant active pour l’African National Congress (ANC).
Malgré les emprisonnements. Elle a crié à la face du monde la souffrance de son peuple. La lutte de son mari emprisonné. Elle a consacré toute sa vie, sa jeunesse à cette lutte, jusqu’à la libération de Nelson Mandela. Suprême sacrifice, elle a accepté de le quitter pour qu’il puisse politiquement faire son chemin.
La preuve est que son ex-mari l’a respectée jusqu’à son dernier souffle. La mémoire humaine a juste oublié que c’est une femme qui vivait dans un pays qui était d’une violence inouïe pour les non blancs.
Ensuite, j’ai aussi beaucoup de respect et d’admiration pour Simone Veil. Une femme qui a vécu l’horreur, de cette horreur qui n’a plus de nom. Elle en est sortie humble, digne, avec la force de se battre pour ses idées. Pour les femmes françaises. Elle leur a offert l’opportunité de jouir de leur corps comme elles le souhaitaient.
Puis, ma mère. Une femme forte. Digne. Une femme qui a quitté sa famille, son travail pour suivre l’homme qu’elle aime dans un pays, un continent qu’elle ne connaissait pas. Elle a été mise en quarantaine par sa communauté pour avoir fait ce choix.
Elle a tout subi par amour et a élevé ses enfants seule, après le décès de mon père. Une vraie battante. Sa vie en Afrique n’a pas été de tout repos. Mais elle a tenu et nous a donné une très bonne éducation et surtout cette force pour supporter le monde et ses vicissitudes, tout en restant droits dans nos bottes, en levant la tête et en avançant vers notre but.
Elle est mon héroïne bien avant les autres. »
* VV: Virginie Vanos

Découvrez le blog d’Amélie Diack où elle présente les auteurs et romans africains. Et ne vous privez pas de lire les chroniques d’Amélie Diack.

Virginie Vanos © Marc Naesen
Entretien réalisé par Virginie Vanos

SOUS LES PROJECTEURS par Stéphanie HALAN

1 – Présentez-vous en quelques phrases :
Bonjour à tous. Je m’appelle Amélie Diack. Je n’utilise pas de pseudo pour écrire. Depuis mon arrivée en France, j’ai commencé par le bas de l’échelle pour vivre. J’ai arrêté mes études à un mois du Bac suite à la disparition de mon père. J’ai fait différentes formations et métiers. Après avoir été femme de ménage, puis aide-comptable et secrétaire de direction, j’ai ensuite été aide-soignante. Aujourd’hui, je suis assistante sociale

2 – Dans quelles conditions, écrivez-vous ?
L’écriture est une forme de respiration pour moi. Elle m’a beaucoup aidée dans les moments durs de ma vie. Ça continue actuellement. Je n’ai pas de moments favoris. L’inspiration est partout. Une image, un mot, une personne, un souvenir, etc. C’est une seconde nature chez moi.

3 – Avez-vous déjà une idée pour votre prochain livre ?
Oh oui, j’ai un recueil de nouvelles en préparation que je sortirai sûrement sur Amazon et le deuxième tome de mon roman Shouna qui sera aussi sur Amazon.

4 – Autoédition : choix ou dépit ?
Un peu des deux. Depuis longtemps, j’ai soumis des écrits à des ME qui avaient pignon sur rue. C’était toujours excellent, mais…. Je me suis orientée vers l’autoédition sans le savoir. Disons que je me suis faite escroquée comme une bleue que j’étais. Cependant, cela m’a permis de connaître ce mode d’édition et c’est le choix que je fais pour mes prochains livres

5 – Qu’est-ce qui vous donne systématiquement le sourire ?
Tout. Je suis de nature zen. Je vois toujours le verre à moitié plein. La vie et ses épreuves m’ont appris que rien n’est acquis. Il faut profiter mes moindres moments de la vie. Accepter les gens avec leurs défauts car j’en ai. Pour moi, le sourire est un très bon remède peu utilisé par l’Humain.

6 – Votre citation préférée et pourquoi ?
Je pense tout de suite à un proverbe de mon pays (le Sénégal). « C’est dans la souffrance que s’enracine le savoir ». La vie nous donne des leçons, nous éprouve. Ce qui nous rend plus forts. L’école de la vie est la meilleure pour apprendre. Tout simplement.

7 – A part l’écriture, quelles sont vos autres passions ?
J’en ai plusieurs. Je suis une passionnée d’histoire, d’ethnologie et d’anthropologie. L’Autre m’a toujours attirée quant à sa façon de vivre, ses us et coutumes. Je collectionne les cartes postales. Depuis des années, je travaille sur ma propre encyclopédie du Monde. J’adore ça. Il y a aussi les moments précieux en famille ou entre amis où l’on refait le monde autour d’un bon repas.

8 – Un lieu qui vous aide à vous ressourcer ?
Je n’ai pas de lieu favori, quoique j’adore les bibliothèques et les librairies. Pour me ressourcer, j’ai Juste besoin de me plonger et de travailler sur mon encyclopédie avec une tasse de thé.

9 – Quel est votre pire souvenir d’auteur ? Et le meilleur ?
Le pire ? Je suis en train de le vivre. Se faire arnaquer par son pseudo éditeur. Encore une belle leçon de la vie. Le meilleur moment ? L’instant où j’ai tenu mon livre dans mes mains et que je l’ai mis dans ma bibliothèque. C’était génial.

10 – Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
Un livre que j’ai chroniqué. Une autre couleur du Bonheur de Paule Auriane Ntchouadep. Actuellement, je lis l’exilée de Virginie Vanos (à chroniquer) et mon livre de chevet est la petite fille de Mostaganem de Isabelle Vaha