Le fou dans la société Africaine

Les traditions jouent un rôle plus ou moins prégnantes dans la vie des Africains. Au Sénégal, les relations à l’autre sont si codifiées que la parole a du mal à se libérer. Dans la littérature, un personnage est libre de tous tabous : le fou. Il est libre, car il est en lien direct avec les esprits et les ancêtres.

Ainsi, le fou de Birago Diop (leurres et lueurs), le Sergent Moussa Ndiaye, vétéran de la Seconde Guerre, déclamait au crépuscule des paroles de sagesse pour les villageois : «Écoute plus souvent les choses que les êtres, la voix du feu s’entend, entend la voix de l’eau […] les morts ne sont pas morts », car sa folie venait du fait qu’il avait tourné le dos à la tradition. Les Ancêtres et les Totems (esprits) avaient pris possession de son être. C’était le prix à payer. Quant à Cheikh Hamidou Kane (l’aventure ambiguë), son fou était le seul à oser défier le Conseil des Sages qui souhaitait assujettir la femme à la veille des indépendances. Ce Conseil qui voulait faire taire la Grande Royale qui défendait ses sœurs.

Que ce soit au cinéma, au théâtre ou dans la littérature, le fou représente la conscience du peuple. Il est celui qui dit tout haut ce que le peuple pense tout bas. Celui qui ne fait jamais scandale par ses dires et qui a son esprit en débandade. Celui qui erre à travers la vie en parlant à ses démons. C’ est un être sacré.

Sacré, puisqu’il est possédé par les dieux tutélaires. Nul ne le frappe, nul ne le harangue, vu qu’à travers lui, les Ancêtres se manifestent. Il s’agit d’une sorte de philosophe qui a réfléchi au-delà de la conscience. Le fou est celui dont la conscience est plus que torturée, laminée, mise à mort par les totems ancestraux. Celui qui a foulé aux pieds le sacré. Celui qui n’a plus de limites. Celui qui vit hors du village, hors de la protection et de la bénédiction des Ancêtres et qui représente la face sombre de la société. Cette face que nul n’aime voir et à laquelle personne n’aime s’identifier. Le fou… Un être à part.

Bonnes fêtes!!!

En quittant cet endroit, je me répétais ces mots: bonnes fêtes. Des mots d’une banalité absolue. Je les trouvais superbes.

« Bonnes fêtes« . A qui le dire? Celui que j’ai vu hier, le visage crispé de douleur? Ce médecin débordé, les yeux rougis par la fatigue, qui écoutait patiemment une vie en sursis lui racontant sa jeunesse à trois heures du matin?

Peut-être à cette infirmière qui répondait inlassablement à une sonnette désespérée et inutile? « Bonnes fêtes ». Oui, je le dis à cet homme qui s’est empressé de changer de trottoir en rencontrant ce zombie diurne: Moi!!

Je le dis à cet enfant qui fait un caprice parce que le père Noël s’est trompé de cadeau, à cet enfant oublié du Père Noël. Pourquoi pas à cette mère courant après une nourriture insuffisante pour ses enfants et qui éclate de rire par ce que le soleil a refusé de se réveiller ce matin. Le soleil a décidé qu’il allait faire la fête avec sa famille et ses amis. Quel ingrat!!

J’ai regardé autour de moi ce matin et j’ai souhaité de bonnes fêtes à cet homme frigorifié sous des cartons de fortune, à cet enfant qui s’éclatait en regardant ma bille de clown, à cette femme porteuse de vie admirant cette femme qui avait une longue vie et s’en vantait.

J’ai souhaité de joyeuses fêtes à ceux que je croisais ou que j’avais croisés. « Bonnes fêtes » ce sont les mots que m’ont dit une femme en fin de parcours et illuminée de l’amour de toute une vie. « Bonnes fêtes » ce sont les mots qu’elle m’a dit avant « d’aller faire un p’tit tour au paradis » comme elle le disait souvent.

« Bonnes fêtes » des mots simples qui m’ont emplie ce matin de tristesse, de force et d’amour. « Bonnes fêtes » à moi toute seule, pleine de mon égoïsme, de mon plaisir de respirer cet air matinal et glacial.

« Bonnes fêtes » des mots de partage dont je me suis enivrée. Merci à cette femme qui m’a appris à apprécier les mots les plus simples avant d’aller faire « un p’tit tour au paradis« . Merci à toi ma grande. « Bonnes fêtes » à toi, je sais que tu dois faire une boum d’enfer au paradis des merveilleuses gens. enjoy your paradise. Bonnes fêtes à toi……………….

Amélie Diack

Paris, le 2 janvier 2008

Shouna, la Genèse maudite T.1 par l’association Écriture Plurielle – 07 janvier 2019

lundi 7 janvier 2019

 

Il était un temps où les montagnes et les mers parlaient d’une même voix

C’était le temps des couchers de soleil magnifiques et des levers de lune étincelants. C’était le temps où les astres régnaient encore sur la voûte céleste, où les animaux parlaient et où les humains n’étaient pas encore aveugles et sourds aux manifestations de la nature. Finalement, ce n’est pas un temps si éloignés de notre époque, car je m’y suis reconnue comme dans un miroir.

C’est qu’Amélie Diack a une voix si puissante qu’elle traverse les océans, relie les continents, et fait surgir le passé aussi bien que l’avenir. Comme tous les contes et récits de création, Shouna contient une part de sagesse tellement énorme qu’elle nous submerge totalement.
Qui n’a pas connu la détresse du rejet et de l’abandon ?
Qui n’a pas trahi et été trahi ?
Qui n’a pas ri aux éclats quand la chance lui a souri ?

Une fresque aux mille couleurs

En quatrième de couverture ou dans le résumé, l’auteur promet un voyage et de l’exotisme : c’est très réussi ! A côté des aventures de Shouna, Percy Jackson est un simple débutant sans grande envergure.
La grande fresque universelle d’Amélie Diack positionne l’humanité à sa juste place, dans un univers où la nature est reine : les mondes terrestres et aquatiques, les enfers et le monde du bien. C’est une invitation à ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure, dans toute sa splendeur.

Tableau de Kre MBaye – avec mes remerciements à Baye*

kre-13-768x484

Et pourtant, cette impression de luxuriance et d’immensité ne tient pas à la complexité des tournures de phrases ou des explications. L’auteur , en habile conteuse, possède toutes les clés de notre imaginaire et de nos archétype. La Reine des Eaux est d’une beauté envoûtante, tandis que la vieille sorcière est d’une laideur nauséabonde. Vous y êtes : en quelques mots, l’exact portrait des personnages s’est gravé en vous, y compris celui de cet homuncule vert aux jambes torses et aux cheveux embrouillés – dont vous n’aviez jamais entendu parler auparavant…

Désapprendre pour apprendre
Et pourtant, en débutant ma lecture, je ne cherchais qu’un peu de dépaysement, sans plus. Le Sénégal m’intéresse en ce moment et je pensais trouver de la couleur locale. Les premières lignes m’ont rappelé certains écrits adolescents (D’ailleurs l’auteure a inventé cette histoire il y a bien longtemps, à la fin des années 80) et je commençais à classer ce récit en jeunesse. Mais voilà !
Le désespoir de cette mère sans enfants, cet enfer qui enfante un innocent, ce dilemme entre le bien et le mal : ces thèmes en filigrane nous mènent directement à la philosophie, sinon à la spiritualité. Et dans ce récit, tout a un sens, tout est sens. Le blog d’Amélie l’illustre d’ailleurs en donnant des rudiments de wolof pour mieux comprendre la poésie des noms.
Shouna fait partie des histoires qui nourrissent l’enfant qui sommeille en l’adulte (et vice versa), qui transmettent de la vie brute, qui font grandir notre humanité. Alors vivement la suite et en attendant, foin des idées reçues sur les contes et autres récits de l’oralité !

Shouna la genèse maudite, T1
Titre : Shouna, la Genèse maudite T.1
Auteur : Amélie Diack
Autoédition
Année de parution : 2018

Isbn : 978-1983075940

Shouna, la Genèse maudite T.1 – Amélie Diack

Pour l’avoir à soi : https://ameliediackauteure.blog/tag/shouna-la-genese-maudite/

La page Facebook de l’auteur : https://www.facebook.com/shounadiack/

C’est le moment des bonnes résolutions!!!!!!

Eh oui, comme chaque année de très bonnes résolutions sont à prendre. Des projets qui tiennent à cœur. Alors, je me suis dit que c’est le bon moment pour faire comme tout le monde. Alors, je me suis demandée quelles seraient les miennes. J’ai réfléchi. Beaucoup. Longtemps. Très, très longtemps (il faut dire qu’après les fêtes, le cerveau est au ralenti. Enfin, plus que d’habitude). J’ai finalement trouvé. çà a été dur, mais j’ai enfin eu la baraka.

J’ai donc décidé:

  • de  lire beaucoup (c’est déjà le cas)
  • d’écrire beaucoup (c’est aussi déjà le cas)
  • de terminer mes écrits qui s’ennuient quelque part dans les tiroirs (euh, il faut que je trouve une solution. Je n’ai pas fini d’y réfléchir)
  • d’enregistrer certains textes (vous aurez droit à ma douce voix rendue rocailleuse par l’abus de thé et de café. D’avance pardon, sorry, je m’excuse, pa’don (créole), bal ma (ouolof). Cela s’est fait à l’insu de mon plein gré.
  • d’arrêter d’écrire en écoutant de la musique classique du genre « belle » (oui, je sais, pour moi c’est classique car ça se danse à moitié endormi), de la soul style « respect », du zouk « Malavoi », de la coladeira genre « coladeira », de la musique africaine style « zoblazo » « coupé-décalé » « mbalax », « funana ». ouf, je pense que je n’ai oublié personne. Sinon, tant pis…

Maintenant que c’est écrit noir sur banc, je vais essayer de ne pas faire comme les années précédentes, mettre tout cela dans des tiroirs, à côté des romans non terminés. Quoi que…

Moi Haïti

Moi Haïti, pays de Dessalines, de Toussaint-Louverture, du roi Christophe et de sa tragédie…. Moi, Haïti, aujourd’hui, je souffre. Aujourd’hui, j’ai mal. La souffrance, la douleur, je connais. J’ai conquis ma liberté dans des rivières de sang, dans des larmes d’agonie, dans des cris de colère, de douleur, de rancœur, de rancune……

Moi, Haïti, aujourd’hui, j’ai plié les genoux, comme les femmes qui, dans les rues de Port au Prince, se laissent, d’un coup, tomber à genoux, les bras levés vers les cieux, implorant de Dieu un peu de répit à leur misère.

Moi, Haïti, aujourd’hui, je verse des larmes de sang. Je pousse des cris muets de douleur, de terreur, de désespoir. Je pleure des rivières de larmes sèches : mes enfants ont faim. Mes enfants ont mal. Mes enfants ont peur. Où qu’ils soient dans le monde, ils implorent la pitié divine pour Moi, Haïti, pour leurs familles. « Bon dié vin aidé nou ».

Moi, Haïti, en ce jour de deuil, de désespoir, je regarde mon peuple qui a tout perdu, qui a perdu tout ce qu’il avait, c’est-à-dire… rien. Mon peuple n’a jamais eu grand-chose à part la misère, la pauvreté, la dictature. Mon peuple a toujours été digne dans sa pauvreté. Mon peuple a toujours gardé son humanité, son humilité. Mon peuple…

Aujourd’hui, hagard, souffrant, mais digne, mais droit, il se promène dans les rues, comptant ses morts, cherchant ses disparus, embrassant les vivants. Pour une fois, ô Dieu, daigne tourner Ton regard vers mon peuple, daigne étendre Tes mains sur lui, allège ses souffrances, ses peurs. De Ton souffle puissant et divin, soulève ces tonnes de béton qui étouffent la vie, les cris des survivants, de mon peuple agonisant. Pour une fois, ô Dieu, prends pitié de Mon peuple.

Moi, Haïti, pays que l’on dit de malédiction, fais encore face à l’infortune. Les gens n’ont rien compris. Tel Job, Ma foi, celle de Mon peuple est depuis toujours éprouvée, mais elle ne revient que plus forte, que plus intense.

MOI, HAÏTI, J’AI FOI EN MON PEUPLE ET EN SA DIGNITE

Amélie DIACK Antony, le 16 janvier 2010

Le sourire Macabre – 2011 Sophie Adonon

adononCe que j’aime dans la plupart des policiers Africains, c’est que les enquêtes se déroulent dans un calme olympien. Au rythme de la vie, de la société, des coutumes. Très souvent, dans un monde moderne, les enquêteurs se trouvent face à certaines traditions millénaires. Ils doivent faire preuve d’une grande philosophie et de beaucoup de diplomatie. Rares sont les courses poursuites, les échanges de coups de feu, etc.

Ce policier ne déroge pas à la règle. Tout se passe dans une atmosphère tranquille. Une famille aisée. Un fils qui fait des études à l’étranger. Tout ce qu’il y a de plus banal dans une famille moderne et riche. Puis, le tonnerre. Puis l’horreur. Puis l’inconcevable. L’atmosphère s’alourdit de plus en plus, au fil des pages. Réalité ou cauchemar?

Peu à peu, la plongée dans l’inqualifiable se fait de plus en plus profondément. La plume 001919216de Sophie Adonon nous fait souffrir, pleurer. On s’interroge beaucoup. Pourquoi? Dans quel but? Sophie Adonon maintient le suspens jusqu’au bout. Elle nous amène dans l’horreur absolue. Au fond de la partie la plus noire de l’âme humaine.

On ne sort pas indemne de cette lecture. Une fois le livre fermé, une fois la dernière ligne lue, on reste pensif. On questionne l’Humain, l’humanité entière. Au fait, une telle animosité est-elle vraiment humaine? Le dépaysement est total. Ne passez pas à côté de ce bijou. Lisez-le. Interrogez-vous sur le genre humain, sur certaines actions humaines que renieraient n’importe quel animal. Ce livre est un voyage au bout des sentiments, du questionnement.

Je vous invite à découvrir ce livre. A savourer les mots. A rêver. Oui, je dis bien rêver de donner une autre fin. Pourquoi pas? Pour interroger l’âme humaine et sa profondeur, offrez vous ce voyage au bout de votre moi profond.

Une Nuit d’Enfer pour Adi de Amélie Diack

Fildediane's Weblog

Titre : Une nuit d’enfer pour Adi

Auteur : Amélie Diack

Éditeur : Autoédité

Genre : Fantazy, Nouvelle

Format : Epub

Nombre de pages : 10

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Après des fiançailles controversées, Adi attend Maïssa à l’hôtel. Ils doivent prendre des décisions importantes pour leur mariage. L’attente est longue et il est impatient. »

Mon avis :

Merci à Amélie Diack, l’auteure pour m’avoir proposé sa nouvelle 🙂

L’histoire :

C’est l’histoire d’une union ne faisant pas l’unanimité; la famille du jeune Adi n’aime pas sa future épouse. Après des fiançailles pas très gaies, il part dans un hôtel où ils doivent se rejoindre loin de ces mauvais esprits qui cherchent à les séparer… mais Adi semble enfermé dans un cauchemar horrible où les pires choses sont en train de l’anéantir.

Le personnage :

Adi : C’est un jeune homme ayant décidé de prendre pour épouse…

Voir l’article original 385 mots de plus

Meilleurs vœux pour la nouvelle année

Un blog auteur tout jeune et déjà de nombreux lecteurs. Merci à tous pour votre présence. Merci de prendre le temps de me lire. Je vous dis humblement merci. J’espère que nous continuerons à cheminer ensemble durant cette nouvelle année. J’espère vous faire découvrir un nouveau roman ainsi que la suite de Shouna la genèse maudite. En attendant, je vous souhaite une très belle année 2019. Ensemble!

Le pic du diable – Deon Meyer – 2007

Comme d’habitude, je vais vous expliquer mon choix. Même si je suis une fan et que j’ai lu tous les romans de Deon Meyer (tous ceux qui ont été traduits en Français), le pic du diable est le premier roman que j’ai lu. On n’oublie jamais les premières fois, vous le savez tous… Je l’ai lu d’un traite et depuis, je suis une fan accro aux romans de cet auteur. Eh oui, je me vois bien aux lecteurs anonymes et déclamer «Je m’appelle Lee Ham et je suis accro aux romans de Deon Meyer« . L’histoire parait simple. Je dis bien «parait» car elle est plus compliquée que l’on pense. Trois personnes, brisées par la vie vont mettre toutes leurs forces dans la recherche et la protection d’enfants.

Thobela, un ancien agent secret formé pour tuer sans état d’âme recherche le kidnappeur de son fils adoptif. Il traquera ses ennemis. Méthodiquement. Froidement. Griessel, inspecteur alcoolique, recherche le tueur de pédophiles relâchés par la justice. ces deux hommes, fins limiers, avec des modes opératoires différents œuvrent pour la même cause: attraper les assassins d’enfants. Une prostituée sera de la partie. La rencontre de ces trois personnes blessées par la vie donne droit à une chasse à l’homme dans une Afrique du sud à peine délivrée de l’apartheid.

J’ai adoré. pourquoi? Tout simplement parce que ces trois personnes sont attachantes. Elles sont rudes, égratignées par la vie. Elles sont faites de douleur. De cette douleur émane une grande tendresse, une grande humanité, alors que nous sommes censés les haïr car un tueur froid, une prostituée et un flic alcoolique ne sont pas représentatifs d’une société «bien pensante». On vit au rythme de leurs aventures et quand on referme le livre, on reste un long moment dubitatif. Que penser de ces personnages? Comment peut-on compatir? Doit-on les haïr?