Assollicitation – Dimbombi – 2018

Les chroniques de Lee Ham

Quatrième de couverture

Stagiaire non déclaré, sans salaire et issu d’une famille pauvre, Juvénil Nguekipi se démène comme il le peut dans un Gabon qui n’est pas tendre pour les plus démunis. Pour subvenir à ses besoins, il est contraint de se mettre à vendre illégalement du chanvre. Mais lorsqu’il est arrêté, et déféré au Parquet, cette activité n’est qu’un prétexte: le Préfet jaloux, l’accuse également de détourner son épouse. Pourtant, la belle Lune dont notre héros est amoureux n’est que la maîtresse du préfet… Comment Juvénil va t-il échapper à cette machination?

Chronique

Si on vous demandait de parler de vous, de votre vie, que diriez-vous? Comment vous présenteriez-vous? Quels mots utiliseriez-vous? Juvénil s’y plie, l’air de rien. Juste en posant des mots. LES mots qui le caractérisent. Qui décrivent son moi profond ou non.

Assollicitation nous emporte dans les pérégrinations d’un stagiaire-enseignant sans le sou mais bourré de…

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Les jardins des femmes – Aminatta Forna – 2006

AminattaForna-HiResJ’ai découvert cette écrivaine métisse Sierra-Léonaise et Britannique, née en 1964 à Glasgow, par un pur hasard. C’est l’écriture atypique de son prénom qui m’a interpelée. C’est vrai, je choisis mes livres de manière bizarre, mais, jusqu’à présent, cela m’a permis de trouver des diamants de la littérature contemporaine. Cette écrivaine qui a passé sa vie entre ses deux pays (Sierra Leone et Grande Bretagne), journaliste de la BBC, a écrit de nombreux romans dont les jardins des femmes. Le nom de ce roman est, selon moi, une garantie de voyage et de découverte. Je n’ai pas été déçue. Loin de là.

C’est l’histoire d’une jeune femme, métisse qui apprend avec surprise qu’elle a un héritage en Afrique dont elle est l’unique bénéficiaire. Elle décide de l’accepter. Ce sera le début d’un voyage initiatique à travers les personnages de sa famille et l’histoire de ce pays dont elle ignorait tout. Abie, l’héroïne, découvre sa propre histoire. Petit à petit, elle découvre que l’histoire familiale est liée à celle de sa nouvelle patrie.

Aminatta Forna nous envoûte par ses mots, son écriture simple, fine qui coule de sesaminatta-forna veines et atterrit sur la feuille en passant par sa plume, nous emmène au-delà des mots. Nous nous identifions à ces femmes aux histoires si différentes et si communes. Leurs rires, leur vie ne laissent personne indifférent. Leur vie paraît si simple, alors qu’elle est compliquée et dure. Ce qui ne les empêche pas de rire, de pleurer, de se disputer, de vivre tout simplement. Vivre cette vie qu’elles n’ont pas choisie, mais qu’elles assument.

Abie intègre sa nouvelle identité à l’ancienne comme on rapièce un pagne mille fois déchiré et recousu. Elle le fait patiemment comme sa nouvelle patrie qui se remet d’une guerre fratricide. j’ai adoré ce livre, ce voyage envoûtant de ces femmes simples au bout de leur choix de vie. Un choix imposé par des évènements qu’elles n’ont pu contrôler et qui a marqué leur vie à jamais.

Ce livre nous pousse à nous questionner sur le poids de l’histoire et son impact sur les Humains. Comment se réapproprier sa vie après la guerre? Que faire des souvenirs qui ne sont pas forcément agréables? Une belle lecture qui touche profondément notre cœur, notre humanité, notre âme. Une superbe ballade dans la vie de ces femmes qui tiennent l’Afrique et leur pays à bout de bras.

Commentaire Yumiko sur « Une nuit d’enfer pour Adi » – 4 mars 2019

Une nouvelle qui m’a touchée mais qui aurait mérité d’être plus développée.

Format: Format Kindle
L’auteur m’a permis de retrouver ces personnages dans une petite nouvelle de quelques pages. J’ai beaucoup aimé l’idée qu’elle soit centrée sur Adi et sa relation avec Maïssa. Ce couple me touche beaucoup de par ses différences et le combat qu’il doit mené pour construire sa relation et faire en sorte que leur union soit acceptée. Cette nouvelle revient d’ailleurs sur cette difficulté, le tout mêlé à une histoire surprenante…

Je dois admettre que j’ai eu un peu de mal à bien cerner l’histoire, car le côté onirique perd un peu le lecteur dans des méandres surprenants et inattendus. Entre rêve et réalité, nous ne savons plus très bien sur quel pied danser, si ce n’est que c’est le cœur même de leur relation qui est remis en question. Adi devra tirer des enseignements de cet événement et des décisions s’imposeront pour la suite de son parcours.

Plusieurs thèmes et éléments soulevés m’ont touchée et j’ai trouvé les réflexions très intéressantes. Par contre, j’aurais aimé que l’histoire soit plus longue et plus développée pour mieux cerner les chemins sur lesquels l’auteur veut nous emmener et le message qu’elle veut nous faire passer. Je pense que cette nouvelle aurait gagné en clarté et le lecteur aurait pu entrer encore plus facilement dans ce récit et en profiter pleinement, s’il avait été un peu plus long.

En bref, j’ai été super contente de retrouver ces personnages, même si j’aurais apprécié que l’histoire soit plus développée.

Roland Brival – 1950 – Touche à tout Martiniquais

41FNYVSEGQL._UY250_Roland Brival est un auteur Martiniquais né en 1950. Il a grandi en France. Cet artiste porte de nombreuses casquettes. Tout d’abord, c’est un artiste complet. Il est en effet, peintre, sculpteur. Ce qui lui a permis pendant longtemps de vivre entre Paris, Londres et New York où il a fait de nombreuses expositions. Il est aussi un homme de scène. D’ailleurs, jusqu’en 1985, en Martinique, il a dirigé une troupe théâtrale: Boua Boua. En tant qu’artiste, il est aussi chanteur et musicien, auteur pour chansons d’enfants , entre autres, jazzman.0357396

Comme si cela ne suffisait pas, il a été critique littéraire pour le magazine Elle. Roland Brival est un écrivain à part entière. Il a été ordonné chevalier des Arts et Lettres en 2013. Il est aussi titulaire de prix:

  • 1985 Prix Littéraire des Caraïbes de l’ADELF pour Tambours de Gao
  • 2000 Prix du livre RFO pour Biguine Blues

9782748103441_1_75Les romans de Roland Brival reflètent sa créolité. Il aborde souvent des sujets qui touchent des pans oubliés de l’histoire des Caraïbes. Par exemple, dans le dernier des Aloukous. Il aborde aussi un sujet qui lui tient à cœur, le métissage. A travers ses écrits, on ressent son héritage musical car ses mots ont une belle résonnance. Roland Brival est une grands richesse pour le patrimoine Créole.

Bibliographie

  • 1978 Martinique des cendres
  • 1982 le sang du roucou
  • 1983 La montagne d’ébène9782859405137
  • 1985 Les tambours de Gao
  • 1986 No man’s land
  • 1991Le chevalier de saint Georges
  • 1996 Le dernier des Aloukous
  • 1998 Bô
  • 1998 Bienvenue à Fort de France – nouvelle
  • 1999 Biguine Blues
  • 2000 La robe rouge
  • 2001 Sang-mêlé – nouvelle
  • 2002 En eaux troubles
  • 2004 Coeur d’ébène
  • 2004 Berlin, Berlin – Nouvelle
  • 2005 Un amour de Saanbad
  • 2007 L’ensauvagé
  • 2010 Antilles: secrètes et insolites
  • 2016 Nègre de personne
  • 2017 Sato San le maître des corsets
  • 2018 Les fleurs rouges du flamboyant

Une nuit d’enfer pour Adi

Une nuit d’enfer pour Adi

Une-nuit-denfer-pour-Adi.jpgAuteur: Diack Amélie

Nombre de pages: 10 

Format de lecture: Ebook

Maison d’édition: Auto-édité

Date de parution: 7 Décembre 2018

Prix: 0€99 (Numérique)

Résumé

Après des fiançailles controversées, Adi attend Maïssa à l’hôtel. Ils doivent prendre des décisions importantes pour leur mariage. L’attente est longue et il est impatient.

Extrait

Au vu du nombre de page vous comprendrez bien que je ne vous mettrai pas d’extrait 😉 

Avis

Un livre qui pourrait vous amener à croire au mauvais oeil, à l’ensorcellement. Adi est un jeune homme qui ose briser la tradition. Il va choisir de se marier avec l’amour de sa vie même si celle ci n’est pas apprécie par sa famille, plutôt que suivre la tradition. Mais quel va être le prix de cet affront fait à la famille?

La plume de l’auteure est impressionnante, en plus de malmené son personnage, elle englobe le…

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La création de Shouna

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce petit personnage bizarre n’a pas été créé juste avant la parution du livre. Au contraire. Ce lutin vert me tient compagnie depuis très longtemps. Depuis le collège. C’est une période qui a été très éprouvante pour moi. J’étais la plus jeune collégienne de ma classe. Une enfant très solitaire et portée sur la lecture. D’une timidité maladive.

J’ai ainsi fait la connaissance des filles les plus âgées de ma classe (j’étais dans un collège de filles) qui, jusqu’en quatrième, m’en ont fait voir de toutes les couleurs. Quotidiennement, je subissais les insultes, les bousculades, les coups, les moqueries, les menaces.  Je n’osais en parler à personne. Un vrai calvaire. Après avoir tout inventé pour ne pas aller à l’école, en vain, j’ai créé ce petit personnage. En secret, j’écrivais son histoire. Il exécutait de moult façons ces mégères. Chaque jour, une histoire, une page, un chapitre de plus. C’est ainsi qu’est né mon roman et son personnage principal.

A bientôt pour la suite!

Le théâtre Africain/Antillais – sa place dans la littérature et la société

Pas de crainte à avoir. Je ne vais pas me lancer dans de grandes envolées lyriques, mais plutôt je vais essayer de vous expliquer brièvement un genre littéraire qui est plus compliqué qu’il n’y paraît. Je veux juste que vous ayez une idée du rôle de cette forme de littérature dans les deux sociétés, si je peux m’exprimer ainsi.

Un sujet très actuel en Afrique et aux Antilles. Je vais vous dire pourquoi. L’Afrique a une très grande Histoire orale, transmise par les griots. Tous les messages royaux étaient transmis de village en village par des hérauts-griots et par des tambours sacrés. Ensuite, n’oublions pas que les Antilles étaient une terre d’esclavage où les esclaves devaient user de moyens pour diffuser leurs messages à l’insu des planteurs. Cela se faisait par des chansons ou des pièces de théâtre. Cette place du théâtre reste toujours aussi importante actuellement, bien que cela ne permette pas de passer des messages secrets, mais plutôt de les diffuser au su et au vu de tous pour le plus grand bienfait des populations.

Presque tous les écrivains classiques noirs passent par la case théâtre et les nouveaux suivent ce mouvement aussi bien que possible. Souvent avec beaucoup de succès. En Afrique, les messages sont souvent sanitaires pour mettre fin aux grandes épidémies, pour faire de la prévention, pour aborder les problèmes et faits sociétaux. Les troupes théâtrales véhiculent leurs messages de place de village en place de village. Aux Antilles, il ne s’agit pas de messages sanitaires, mais d’un rappel de l’histoire caribéenne. Le rôle de la parole reste le même partout: La transmission.

Lorsque j’ai abordé le conte, j’ai expliqué que chaque conte était une pièce de théâtre en lui-même. car ces derniers expliquent aux jeunes spectateurs la tradition, l’éducation, le civisme, l’histoire. C’est pour cela qu’il ne faut pas s’étonner de son importance pour les écrivains.

J’espère que j’ai pu vous renseigner simplement sur un sujet important, un classique de la littérature Noire. Vite, allez prendre une grande tasse de thé pour permettre à vos neurones de revenir et de fonctionner à nouveau. Santé!

Driss Chraïbi, le rebelle Marocain (1926-2007)

Eh oui, nous continuons dans la veine du roman policier. Nous allons du côté du Maghreb pour faire connaissance avec un écrivain haut en couleur et qui ne connaît pas la langue de bois. Je l’ai déjà dit et je le redis encore, j’adore les écrivains Maghrébins. Ils sont un brin torturés ou écartelés par des choix machiavéliques. Ce qui donne toujours des romans d’une grande richesse, d’une grande finesse. Quand je referme leurs livres, mon cerveau fait un brain storming qui n’est pas désagréable. Driss Chraïbi est un de ces auteurs que je prends toujours plaisir à lire.

Il est né le 15 juillet 1926 à El Jadida au Maroc et s’installe en France en 1947. Il est le rebelle qu’on peut aimer ou haïr car il pose sa plume là où il fait mal socialement. L’encre de sa plume est le vitriol. La conscience sociétale ne se repose pas avec lui. Au contraire. Dès son premier roman Passé simple (1954), il montre sa future ligne de conduite. Il y parle de conflits de générations. Il y attaque la tradition Marocaine qu’il trouve pesante. Les attaques des « bien-pensants » ne tardèrent pas. Certaines vérités ne sont pas bonnes à dire et ce n’est pas ce que pense Driss Chraïbi. Il gardera toujours ce style caustique jusqu’à sa mort, le 1er avril 2007.

Dans Mère du printemps (1982), il défends les Berbères et parle de la libération de la femme. Dans Les boucs (1955), il dénonce le racisme anti-Maghrébins, le sort de ses frères sur le sol Français. Il atteint les sommets du caustique avec Civilisation, ma mère (1972) où il plaide en faveur de l’émancipation de la femme. Il y salue la renaissance et la liberté de la femme. L’inspecteur Ali* (1991) décrit avec beaucoup d’humour les tribulations et les conditions d’enquêtes d’un inspecteur. Comme tout écrivain, il arrive un moment où l’on se retrouve face à soi. C’est le cas de Driss Chraïbi qui écrit son autobiographie en 2001 le monde à côté. Je pense que c’est le seul roman où il laisse parler la tendresse, les éclats de rire, les souvenirs.

BIBLIOGRAPHIE (*romans policiers)
1954 Le passé simple
1956 L’âne
1961 La foule
1962 Succession ouverte*
1996 Un ami viendra vous voir
1981 Une enquête au pays*
1992 Les aventures de l’âne Khal
1993 Une place au soleil
1994 L’homme du livre
1996 L’inspecteur Ali à Trinity College*
1997 L’inspecteur Ali et la CIA*
1998 Vu, lu, entendu – Mémoire
1999 L’âne Khal invisible
2004 L’homme qui venait du passé
2007 Un homme debout – entretien

Sorciers, djinns & Ancêtres dans Shouna la genèse maudite

Ils sont nombreux et chacun a un rôle bien défini:

  • Les sorciers appelés dëmë (deumeu) sont des sorciers mangeurs d’âmes. Ils ressemblent à n’importe qui. Ils sont en effet humains. Lors des bacchanales, ils offrent, à tour de rôle, à leur communauté une âme à dévorer. Si l’un n’a rien à donner, le choix se fait dans sa famille directe (époux, épouse, enfants). Avant de mourir, ces dëmë peuvent être tentés de se confesser (jafu:diafou). Cela est rare. Mais c’est un évènement où s’invite tout le quartier. J’ai connu un diafou là ou je vivais. Elle avait donné des noms d’accidentés, de morts inattendus. Ma mère nous avait interdit d’y aller car nous voulions savoir pour notre père. Finalement, nous avons obéi. Nous n’avons jamais su.
  • Les djinns ou djinnés. Ils peuvent prendre différents aspects. Souvent, c’est une femme blanche avec de longs cheveux. Eh oui, chez nous, le Malin est blanc et pas noir. Ils peuvent être représentés par des petits hommes étranges avec des épines à la place des cheveux ou autres personnages de même acabit.
  • Les Ancêtres intercèdent auprès des dieux pour protéger les vivants. Leur rôle est important car s’ils ne sont pas satisfaits, il n’intercèderont plus auprès des dieux et ne protègeront plus la personne à l’origine de leur courroux. Ce dernier sera vulnérable et une proie facile pour les dëmë et les djinnés.
  • Les chasseurs, les forgerons pratiquent la magie blanches mais ont de grandes connaissances dans la magie noire/ En effet les chasseurs doivent interférer auprès de ancêtres pour que leur chasse soit fructueuse. Ils doivent aussi pouvoir dompter l’âme de l’animal tué et se faire pardonner auprès de Dame Nature pour lui avoir pris l’un des siens. Les forgerons sont les maîtres du métal. Ils connaissent les incantations séculaires pour se faire obéir du métal et le dompter.