Il fut un temps…

Il fut un temps où la marche était pénible mais bien réelle. Il fut un temps où la vie autour de l’être grouillait de projets et la tête s’en emplissait. Elle se remplissait de rêves. De rencontres. De force. Malgré les déboires. Les douleurs. Les cris muets. Les larmes brûlantes. Il fut un temps…

Le temps est venu. Celui des absences. Des « avant, je pouvais« . Des marches incertaines. Du vide abyssal de la vie. De la fin des projets et des rêves. Des doutes. Des rêves brisés. Il est venu… le temps des cris sourds. Des cris-hurlements qui tétanisent la gorge. Des cris qui font des entrailles les fossoyeurs des rêves brisés. Il est venu… le temps des larmes solitaires. Des douleurs muettes de stupéfaction. Des douleurs… briseuses de corps et de vie. Il est venu le temps…..

Incompréhension. Doutes. Chuchotements. Regards sévères. Regards pénibles. Regards accusateurs. Regards…Oubliés les partages. Les rires. Oubliée l’innocence des lendemains. Oubliés…

Demain est un autre jour. Demain est un rêve avorté. Demain est source de souffrances. De douleurs. De peurs. De terreurs sans nom. De cœurs brisés. D’amour propre piétiné sur l’autel du doute. Du doigt accusateur. Du qu’en dira t-on tenace.  Du qu’en dira t-on menaces. Du qu’en dira t-on. Demain….

Amélie Diack

Antony,  le 26 janvier 2019

AUBE VERTE (à Sabah)

Une sonnerie vrilla le silence. Seul l’écho répondit. La maison était vide. Pourtant elle grouillait de vie. Une télévision, quelque part, hurlait une chanson chaloupante. Des enfants criaient en rythme. Une femme s’égosillait par-dessus cette cacophonie. Son cri restait fortement inaudible.

Des bruits de pas. Précipités. Colériques. Pressés. Un grognement sourd. Un bruit de verre brisé. Le silence. Silencieusement bruyant. Le silence. Lourd de non-dits. Le silence. Vibrant de hurlements tus, étouffés.

Une débandade. Plus d’enfants. Une terreur muette. Une voix étouffée qui cherche un écho. Une réponse qui ne vient pas. Qu’y a-t-il ? Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? Des nouvelles. De qui ? Ah.

Le silence. A nouveau. Terrible. Douloureux. Une âme qui se déchire. Des sanglots. Des soupirs. Des souvenirs. Un cœur que se fracasse. S’arrache à vif. En vie.
Elle était là. Il fut un temps. Elle est partie par une aube incertaine. Elle foulait le tapis vert. Elle avançait sans un regard en arrière. Elle est partie notre Aube Verte. Sans un regard en arrière. La tête pleine de rêves. Elle est partie Sabah vers une contrée qui se nommait Akdar.

Un téléphone qu’on raccroche. Une voix muette qui résonne dans le silence. Des larmes brulantes. Un sourire. Illuminé. Vivant. Des yeux qui pétillent. Il n’y aura plus d’aube verte. Unique aube verte. Plus que jamais présente.

Amélie Diack
Antony le 02 juillet 2017