Liberté….

La brise lui fouetta le visage. Une caresse. Un doux baiser. Elle ferma les yeux. Ses cils frémirent. Elle prit son temps. Inspiration profonde. Frémissement d’un cœur. Douceur. Tendresse. Elle humait l’air marin. Longtemps. Si longtemps. Son corps frémissait au rythme des caresses nuageuses.

Elle écarta les bras, inspira profondément et poussa un cri. Puissant. Vibrant. Muet. Silencieux. Son corps tanguait, ivre de sensations. Cela faisait longtemps. Si longtemps. Un kaléidoscope de couleurs. De sensations. Le monde n’avait pas participé à la folie de ses sens. A son ivresse profonde.

Devant elle, une voiture s’arrêta. Brusquement. Bruyamment. Claquements de portières. Cris. Des cris qui firent bondir son cœur. Elle eut juste le temps d’écarter les bras avant d’être soulevée. Un éclat de rire. Le sien. Cristallin. Celui des autres. Grave. Retour sur la planète terre. Heureuse, elle s’engouffra dans la voiture. Aujourd’hui était un jour spécial. Son dernier jour de prison. Le premier d’une nouvelle vie.

Amélie Diack Paris le 7 juin 2008

Bonnes fêtes!!!

En quittant cet endroit, je me répétais ces mots: bonnes fêtes. Des mots d’une banalité absolue. Je les trouvais superbes.

« Bonnes fêtes« . A qui le dire? Celui que j’ai vu hier, le visage crispé de douleur? Ce médecin débordé, les yeux rougis par la fatigue, qui écoutait patiemment une vie en sursis lui racontant sa jeunesse à trois heures du matin?

Peut-être à cette infirmière qui répondait inlassablement à une sonnette désespérée et inutile? « Bonnes fêtes ». Oui, je le dis à cet homme qui s’est empressé de changer de trottoir en rencontrant ce zombie diurne: Moi!!

Je le dis à cet enfant qui fait un caprice parce que le père Noël s’est trompé de cadeau, à cet enfant oublié du Père Noël. Pourquoi pas à cette mère courant après une nourriture insuffisante pour ses enfants et qui éclate de rire par ce que le soleil a refusé de se réveiller ce matin. Le soleil a décidé qu’il allait faire la fête avec sa famille et ses amis. Quel ingrat!!

J’ai regardé autour de moi ce matin et j’ai souhaité de bonnes fêtes à cet homme frigorifié sous des cartons de fortune, à cet enfant qui s’éclatait en regardant ma bille de clown, à cette femme porteuse de vie admirant cette femme qui avait une longue vie et s’en vantait.

J’ai souhaité de joyeuses fêtes à ceux que je croisais ou que j’avais croisés. « Bonnes fêtes » ce sont les mots que m’ont dit une femme en fin de parcours et illuminée de l’amour de toute une vie. « Bonnes fêtes » ce sont les mots qu’elle m’a dit avant « d’aller faire un p’tit tour au paradis » comme elle le disait souvent.

« Bonnes fêtes » des mots simples qui m’ont emplie ce matin de tristesse, de force et d’amour. « Bonnes fêtes » à moi toute seule, pleine de mon égoïsme, de mon plaisir de respirer cet air matinal et glacial.

« Bonnes fêtes » des mots de partage dont je me suis enivrée. Merci à cette femme qui m’a appris à apprécier les mots les plus simples avant d’aller faire « un p’tit tour au paradis« . Merci à toi ma grande. « Bonnes fêtes » à toi, je sais que tu dois faire une boum d’enfer au paradis des merveilleuses gens. enjoy your paradise. Bonnes fêtes à toi……………….

Amélie Diack

Paris, le 2 janvier 2008