Chronique de Evasions Littéraires – Une nuit d’enfer pour Adi – 26/1/2019

Auteur: Amélie Diack

Editions: Autoédité, 2018

Format: ePub

Quatrième de couverture:
Après des fiançailles controversées, Adi attend Maïssa à l’hôtel. Ils doivent prendre des décisions importantes pour leur mariage. L’attente est longue et il est impatient.

Remerciements:
Je tiens à remercier chaleureusement l’auteur de m’avoir permis de découvrir cette nouvelle.

Avis:
L’auteur m’a permis de retrouver ces personnages dans une petite nouvelle de quelques pages. J’ai beaucoup aimé l’idée qu’elle soit centrée sur Adi et sa relation avec Maïssa. Ce couple me touche beaucoup de par ses différences et le combat qu’il doit mené pour construire sa relation et faire en sorte que leur union soit acceptée. Cette nouvelle revient d’ailleurs sur cette difficulté, le tout mêlé à une histoire surprenante…

Je dois admettre que j’ai eu un peu de mal à bien cerner l’histoire, car le côté onirique perd un peu le lecteur dans des méandres surprenants et inattendus. Entre rêve et réalité, nous ne savons plus très bien sur quel pied danser, si ce n’est que c’est le cœur même de leur relation qui est remis en question. Adi devra tirer des enseignements de cet événement et des décisions s’imposeront pour la suite de son parcours.

Plusieurs thèmes et éléments soulevés m’ont touchée et j’ai trouvé les réflexions très intéressantes. Par contre, j’aurais aimé que l’histoire soit plus longue et plus développée pour mieux cerner les chemins sur lesquels l’auteur veut nous emmener et le message qu’elle veut nous faire passer. Je pense que cette nouvelle aurait gagné en clarté et le lecteur aurait pu entrer encore plus facilement dans ce récit et en profiter pleinement, s’il avait été un peu plus long.​

En bref, j’ai été super contente de retrouver ces personnages, même si j’aurais apprécié que l’histoire soit plus développée.

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Sympathique 6-7/10

Extrait « une nuit d’enfer pour Adi »

Le sorcier… Où était-il ? Pourquoi ne répondait-il pas à ses appels ? Ô Dieux! Le cauchemar recommençait ! Quelle horreur ! Que faire ? Adi réfléchissait rapidement à un moyen de fuir. Vite ! Vite ! Un sifflement lugubre, dans son dos, lui fit perdre le cours de ses pensées. L’ennemi se rapprochait. Pourquoi ces vieillards assis sous le baobab continuaient-ils à discuter ? Ne voyaient-ils pas qu’il était en danger ? Adi se mit à faire de grands signes pour attirer leur attention. En vain. Le chien de la maison s’était enfui. Il se terrait derrière les vieillards et gémissait en tremblant de tout son corps. Adi se sentait seul. Incompris. Abandonné. Il était découragé. Las. Si las.

Le serpent glissa vers lui. Adi se mit à reculer. Il regrettait d’avoir quitté l’hôtel. Au moins, là-bas, il aurait pu recevoir le soutien du gérant. Enfin, peut-être. Le sorcier ! Il avait fait un geste pour éloigner les monstres. L’amulette ! Adi se souvenait du cadeau fait par son père, à la fin de son initiation dans le bois sacré. Il prit à pleine main l’amulette qu’il avait autour du cou et l’éleva entre lui et le reptile… qui disparut dans un nuage gris. À sa place, se trouvait un liquide verdâtre qui disparut dans le sol dans un chuintement horrible.

AUBE VERTE (à Sabah)

Une sonnerie vrilla le silence. Seul l’écho répondit. La maison était vide. Pourtant elle grouillait de vie. Une télévision, quelque part, hurlait une chanson chaloupante. Des enfants criaient en rythme. Une femme s’égosillait par-dessus cette cacophonie. Son cri restait fortement inaudible.

Des bruits de pas. Précipités. Colériques. Pressés. Un grognement sourd. Un bruit de verre brisé. Le silence. Silencieusement bruyant. Le silence. Lourd de non-dits. Le silence. Vibrant de hurlements tus, étouffés.

Une débandade. Plus d’enfants. Une terreur muette. Une voix étouffée qui cherche un écho. Une réponse qui ne vient pas. Qu’y a-t-il ? Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? Des nouvelles. De qui ? Ah.

Le silence. A nouveau. Terrible. Douloureux. Une âme qui se déchire. Des sanglots. Des soupirs. Des souvenirs. Un cœur que se fracasse. S’arrache à vif. En vie.
Elle était là. Il fut un temps. Elle est partie par une aube incertaine. Elle foulait le tapis vert. Elle avançait sans un regard en arrière. Elle est partie notre Aube Verte. Sans un regard en arrière. La tête pleine de rêves. Elle est partie Sabah vers une contrée qui se nommait Akdar.

Un téléphone qu’on raccroche. Une voix muette qui résonne dans le silence. Des larmes brulantes. Un sourire. Illuminé. Vivant. Des yeux qui pétillent. Il n’y aura plus d’aube verte. Unique aube verte. Plus que jamais présente.

Amélie Diack
Antony le 02 juillet 2017