Sokhna Benga – Des mots pour des maux sociétaux – Interview

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

sokhna-bengSokhna Benga n’est plus à présenter dans le monde Littéraire. Sa voix s’élève pour dire, pour écrire les maux d’une société quelle connait si bien. D’une société qu’elle côtoie et, surtout dans laquelle elle vit. Sokhna Benga parle des maux avec des mots forts. Qui frappent. Qui touchent l’âme. Le cœur. La conscience. L’inconscience. Des mots qui interpellent. Qui révèlent des maux oubliés. Tus par les bien pensants.

J’ai été surprise par la disponibilité de cette écrivaine de mérite,  de sa gentillesse, de sa patience. Merci Sokhna Benga. D’avoir accepté. Tout simplement.

Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cette interview

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis écrivain, scénariste, éditrice à mes heures perdues, administrateur des affaires bengawaly3maritimes et Directrice des Transports maritimes et fluviaux et des Ports à l’Agence nationale des Affaires maritimes, au Ministère de la pêche et de l’économie maritime.

Pouvez-vous nous parler votre…

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Entretien avec Momi M’buze, l’écrivain Congolais qui réveille les consciences

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

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Bonjour Momi M’buze. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien.

1596907_10153842191115173_1491849025_oAD Pouvez-vous vous présenter ?
MM Je suis Momi M’buze, de mon nom complet : M’buze Noogwani Ata Ye Mieko Momi. Je suis né un 11 juin à Kinshasa, papa de 3 enfants, marié, je vis en Belgique depuis mes 16 ans.

« Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et vous, la mort n’est-elle/ne sera-t-elle pas votre sort à vous aussi?”.

AD Votre nom a-t-il une signification particulière ?
MM Oui M’buze, mon nom de famille, designe “l’enfant que l’on a eu dans sa jeunesse”, son premier. Il est question ici de mon père.
Noogwani est un nom en lien avec le clan de mon grand-père paternel. Il renvoie à une question philosophique qui est “ Et…

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Mon rêve sur le cinéma sénégalais

Il y avait une éducations très stricte à la maison. Pas de boîtes de nuit. Pas de bals. Pas de visites intempestives. Il fallait demander la permission de sortir des mois avant aux parents, très souvent, en vain.  Alors, le seul plaisir qui restait était celui d’aller au cinéma. C’était cadré. Très cadré. Il fallait y aller en compagnie du petit frère qui n’en avait aucune envie. Alors, à la frontière de la Médina, l’argent était partagé équitablement et chacun partait de son côté.

C’était l’époque des films de Bollywood et de karaté avec Bruce Lee. Je me jurais d’écrire un roman sur les cinémas  de la ville.. Pas sur les films. Nooonn! Sur la salle et les spectateurs. Eh oui le spectacle était dans la salle. Pas côté fauteuil. Mais côté « geetu bey » (le parc à moutons), un peu plus bas, proche de la scène. Les places les moins chères en somme. Le film se déroulait dans la salle. Les spectateurs connaissaient par cœur les chants d’amour Bollywood ainsi que les acteurs. A « Geetu Bey » tout le monde chantait avec les acteurs, pleurait avec les actrices. Sans compter les réflexions « ne l’écoute pas, il te baratine« , « n’ouvre pas cette porte », l’assassin est derrière toi » « fuis, fuis », je te l’avais dit, mais tu ne m’as pas écouté. Bien fait pour toi ». 

Pour les films de karaté, tout le monde s’identifiait à Bruce Lee. Les spectateurs n’hésitaient pas à répéter les phases de leur idole et de l’applaudir à chaque fois qu’il faisait un geste. Cependant, le plus difficile était d’acquérir le billet pour entrer dans la salle.  C’était la foire d’empoigne. Il fallait porter un jean et un tee shirt et monter sur les barricades. Il fallait se battre avec les voyous qui rackettaient les gens avant de consentir à les laisser acheter leur billet. Finalement, aux cinémas Luxe et Malick Sy, gagner le respect de ces derniers à coup de prises de judo et de close combat: techniques militaires, avait été très facile. Les batailles étaient un accessoire. Finalement, il suffisait de nous présenter, sans faire la queue, et d’aller acheter les billets. Alors, promis, un jour, j’écrirai. Je raconterai le « geetu bey ».

Chansons du Djoliba -Keïta Fodéba -Aubes africaines

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Coule donc Djoliba, Vénérable Niger, passe ton chemin et poursuis à travers le monde noir ta généreuse mission. Tant que tes flots limpides rouleront dans ce pays, les greniers ne seront jamais vides, et chaque soir, les chants fébriles s’élèveront au-dessus des villages pour égayer le peuple malinké. Tant que tu vivras et feras vivre nos vastes rizières, tant que tu fertiliseras nos champs et feras fleurir nos plaines, nos Anciens couchés sous l’arbre à palabres te béniront toujours.

Coule et va plus loin que toi-même à travers le monde entier, étancher la soif des inassouvis, rassasier les insatiables et dicter, sans mot dire, comme d’habitude, à l’Humanité, que le bienfait désintéressé est le seul qui vaille, le seul qui, absolument, signifie.

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Légende du Danhomey

AKABA fondateur du royaume d’Abomey. Il est représenté par un objet appelé ASSIN en langue Fon d’Abomey. Cet objet représente les Ancêtres du royaume. Un jour, AKABA demanda une portion de terre à un de ses proches parents pour y construire une maison. Ce dernier, du nom de DAN, lui donna un peu de son terrain.

Quelques jours plus tard, AKABA revint lui demander d’augmenter cette parcelle. Énervé, DAN lui dit qu’il n’avait plus rien à offrir et que, s’il voulait, il n’avait qu’à venir construire cette maison dans son ventre. AKABA exécuta DAN, l’éventra et construisit sa maison de banco dans son ventre. D’où le nom du royaume DANXOME = DANHOME = DAHOMEY.

Lettre d’Amadou Hampâté Ba (1901-1991) adressée à la jeunesse africaine (1ère partie)

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Amadou Hampâté Bâ est un homme pour qui j’ai beaucoup d’admiration. Je ne ratais aucun des colloques qu’il donnait avec Boubou Hama et Joseph Ki Zerbo dans les locaux de l’UNESCO à Paris. C’étaient de grands hommes qui n’hésitaient pas à échanger  avec moi et répondre à mes questions qui devaient leur paraitre bien naïves durant les pauses ou à la fin des colloques. Ces hommes m’ont donné cette envie de faire rayonner la littérature de l’Afrique subsaharienne. Un geste bien modeste pour une si vaste et si belle entreprise.

Mes chers cadets

Celui qui vous parle est l’un des premiers nés du vingtième siècle. Il a donc vécu bien longtemps et, comme vous l’imaginez, vu et entendu beaucoup de choses de par le vaste monde. Il ne prétend pas pour autant être un maître en quoi que ce soit. Avant tout, il s’est voulu un éternel chercheur, un éternel…

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BERNARD DADIE ET SON AMI

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Encore un écrivain qui a joué un rôle dans  ma vie, sans le savoir. J’adore cet écrivain car je le trouve complet (il excelle dans tous les genres littéraires). En plus, il est toujours resté logique dans ses pensées et ses actions (même après un séjour en prison). Enfin, son combat pour la Négritude et pour faire rayonner l’Afrique dans le Monde n’a pas pris une ride. Il mérite le respect. Un grand respect. Alors, c’est la raison pour laquelle son nom a été prononcé dans une chambre d’hôpital. Attendez, je vais vous raconter.

Durant ma période aide-soignante, j’ai rencontré de nombreuses personnes. Au bout de dix-sept ans, j’étais blasée. Plus rien ne m’étonnait. Jusqu’à ce fameux jour…

Je travaillais dans un service de fin de vie à cette époque dans une grande clinique huppée parisienne. Comme d’habitude, je faisais mon tour habituel pour aider mes patients ou leur faire…

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NAGUIB MAHFOUZ DANS LE TRAIN

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Quel rapport entre ces deux là? pensez vous.  Nooon, je ne l’ai pas vu dans le train. A ma connaissance, il ne l’a jamais pris. Pas à Paris. A mon avis, si c’était le cas, j’aurai provoqué un incident diplomatique franco-sénégalo-martinico-égyptien. C’est vous dire l’ampleur de mon statut de fan pour cet écrivain. Je vous décris la scène, Naguib Mahfouz essayant de semer une fan échevelée et presque aphone tellement elle hurle son nom « Naguiiiiiiibbbb« !!! Tout ça pour lui dire d’une voix aphone combien elle adooore ses livres. Tout ça dans un anglais rendu approximatif par l’émotion et s’évanouir à ses pieds. Comme une diva, bien sûr.

Ce n’est pas non plus le titre d’un roman. Quoique. Là, je rêve. J’aurai pu gagner le Pulitzer du meilleur écrivain inventeur de scènes psychédéliques. Pas de problème, je prends, du moment que c’est un Pulitzer. Même s’il est en papier mâché…

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Le silence des collines – Béatrice Uwambaje – 2019

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Quatrième de couverture

Une Rwandaise témoin du génocide revient, 23 ans après, sur les lieux du drame. Entourée de son fils survivant et de ses deux enfants métis, elle tente de rétablir la relation avec ceux qui sont désormais les acteurs d’une société transformée. Le personnage-narrateur, un double qui regarde l’auteur, observe, se souvient, scrute, analyse. A la fois intime et pudique, soon récit oscille entre évocation, litanie, métaphore passé, présent. Un témoignage sensible et puissant  sur ce que peut la littérature après l’irréparable.

Chronique

Nous avons tous entendu parler du génocide qui s’est déroulé au Rwanda. Certains y ont assisté, impuissants devant leur téléviseur. Mutesi en a été victime. Elle y a perdu toute sa famille. Elle y a survécu. Mais, à quel prix! Aujourd’hui, les collines sont silencieuses. Ce qui n’a pas toujours été le cas. On dit souvent que l’assassin revient sur le lieu de son crime…

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Les animaux dans Shouna la genèse maudite

Featured Image -- 1097Ainsi que cela se passe dans tout récit africain traditionnel, les animaux tiennent une place importante. Aussi, dans Shouna la genèse maudite, chacun a un rôle qui lui est attibué en fonction de sa personnalité. Par exemple Sékou le Perroquet est messager car il vole et est bavard. C’est un rôle qui lui sied à merveille. Quand à Sindakh le lézard, il estparrot-1417286__340 peureux. Il s’enfuit au moindre bruit. Il est de nature inquiète. Il sert son roi avec rigueur car il a peur de ce qui peut lui arriver en cas de désobéissance. Il vit dans une anxiété permanente. Comme il secoue sa tête de haut en bas  et qu’il ouvre et ferme sa bouche en même temps, il raconte tout ce qu’il sait. Aussi, il ne peut garder aucun secret.

lizard-4217059__340Dans selon la mythologie  africaine (n’oublions pas que la première religion en Afrique fut l’animisme) chaque animal sur terre a été un  humain qui a été déchu de ce statut suite à une punition divine. Cependant, après cette déchéance, ils ont continué à vivre au contact des humains avec qui ils ont convenu d’une protection mutuelle. Un jour, les humains n’ont pas tenu parole. Les animaux ont donc décidé de s’éloigner de ces derniers. Pris de remords, les hommes promirent que chaque clan s’engage à ne pas consommer la chair d’un animal. C’est ainsi que sont nés les totems.botswana-2219374__340

Les chasseurs, maîtres du monde de l’invisible font des sacrifices à l’esprit de la forêt pour qu’il accepte de lui offrir un des siens. Chaque animal tué est remercié d’avoir accepté de se sacrifier. Sa dépouille est traitée avec respect et le chasseur ne prendra que ce qui est nécessaire à la survie de son village. Rien de plus. Selon la mythologie africaine, chaque partie de la nature appartient à une déesse ou à un dieu qui veille sur son aqua-4018983__340bien-être.

Mamie Wata est connue sur une grande partie de l’Afrique subsaharienne. Son nom peut varier selon la région, mais en Afrique de l’ouest, elle est Mamie Wata. Elle est connue pour son intransigeance. Si un sacrifice n’est pas accompli en son honneur, elle prendra tout simplement son dû (noyades). Elle accepte tout ce qui est blanc (lait, cola…) et ne rend un noyé qu’après avoir été honorée. Elle est d’une grande beauté et rend folle toute personne qui posera son regard sur elle. Shouna la genèse maudite fait beaucoup référence à cette mythologie animiste.

A bientôt pour les légendes de chaque animal et pour la suite.

La Balafrée – Bernard Neckée – 2019

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Quatrième de couverture

La balafrée est un roman qui rappelle l’univers de l’écriture Balzacienne car, l’auteur y fait preuve d’une réelle maturité. Son récit est une véritable fresque de la société. L’auteur y représente, avec force acrimonie, deux types de personnages. D’un côté, ceux qui sont épris de valeurs morales, éthiques et qui apparaissent comme des anges à l’instar d’Ange. Et de l’autre côté, ceux qui agissent comme des possédés assoiffés d’accomplir les maux les plus imaginables comme la tante d’Ange. Pour les rendre plus vivants, l’auteur les enracine dans les milieux où l’immoralité est à son comble! Où misère  et richesse se côtoient sans se toucher! Où l’hypocrisie et la méchanceté des femmes est sans appel!

Chronique

Ainsi que le dit un proverbe africain « quand un orphelin éternue, il se fait ses propres bénédictions« . Ange a perdu ses parents très jeune. Elle est prise en charge par…

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Un extrait de ma nouvelle: désespérance

Un jour, tu fus. Belle. Étale. Lumineuse. Sans une ride. Vierge de toute bosse. Ce moment-là fut. Un jour, la vie s’échappa. Ce don de soi. Ce don de la vie. Cette union avec l’avenir. Ce don de vie qui offre la vie. Lui insuffle l’énergie des lendemains à venir. Demain est si tentant. Plein d’amour et de joie.

Puis vint la réalité. Celle qui brûle les yeux. Qui déshydrate le cœur et réduit l’âme en fumée. De cette réalité qui tient éveillé, des nuits durant, la larme sèche au coin de l’œil. La larme brûlante essuyant la pupille de son souffle sec. Ce souffle sec venant d’un corps rendu aride par la souffrance. Une souffrance qui annihile toute humanité.

L’homme se peut ténèbres. L’homme se peut violent. Douce violence qui lacère, étripe tout signe d’humanité. Un jour viendra et il est proche, le temps des oublis, le temps de désigner ce qui ne fut jamais. Un jour viendra et il s’ancrera dans les mémoires. Un jour où une page se tournera. Une histoire se terminera. Dans un silence profond. Dans une indifférence totale. L’oubli se posera sur l’aile de l’éternité. Le souvenir sera enterré dans un désert de mépris. Honni soit qui se rappellera.

L’amour fit un tour. Puis deux. Puis… deux et demie. La flamme se tarit sous le souffle de l’absent. De celui qui aurait pu être. Ce passage rapide d’une étincelle de bonheur. Puis le néant. La trahison. Un corps saccagé par le désamour. Le rire criant des Autres. Le silence hurlant des Autres. Encore un genou qui se plie et se déplie. Dans la douleur. Et la scélérate vie continue. Se pavane. Enveloppée dans son boubou clinquant. Son rire bruyant. Son regard hautain.

Que la douleur soit ! Et la douleur fut. A jamais. Malédiction profonde qui se pose avec fracas sur les débris d’une vie en deuil. Non, demain, il ne fera pas jour. Demain ne sera plus. Battu en brèche par le poids des malédictions sans fin, demain est enterré sous des tonnes de désirs inassouvis, de rêves avortés. De nuits blanches alimentées par la force du désespoir. De la désespérance. De l’inespérance. De la douleur. Demain est sous terre accompagnant l’espoir et la résilience. Demain ne sera pas un autre jour. Demain ne sera pas.

L’humain a tenu bec et ongle aux bouts de vie. L’humain s’est agrippé à une parcelle fuyante. L’humain s’est agrippé au vide et a connu le fond du désespoir. La vie lui a tourné le dos. Le vide s’est instauré. Trop de plaintes. Trop de cris. Trop de souffrances. L’Autre n’aime pas. L’Autre a peur d’une épidémie. Une épidémie de souffrance. Une épidémie de Douleurs. Une épidémie d’espèces non sonnantes et pas du tout trébuchantes. Et le vide se fit. Doucement. Brusquement. Il s’installa. Lentement. Dans un silence fracassant. Le vide se fit une place. Il la choisit grande. Immense. Totalement égoïste. Enfin un endroit où il se sentait à son aise. Il regardait l’humain qui se recroquevillait sous les mots terribles. Les mots assassins. L’humain qui ravalait ce contingent de larmes brûlantes qui asséchaient sa vie. Ces maudites larmes qui faisaient fi de la décence. L’humain qui se recroquevillait sous le poids des accusations. Sous le poids de l’indifférente accusation de vouloir exister.

La terre-mère appela et l’humain se retourna. Enfin la rédemption. Enfin la paix. Plus de culpabilité. Plus de souffrances ensevelies sous des tonnes d’une terre nourricière et rédemptrice. Enfin la consolation ! Enfin l’amour si vite perdu. En son sein la terre mère accueillit l’humain et atténua sa solitude. Ses peurs. Ses cris. Ses sanglots. Ce silence environnant. Et la terre mère caressa ces cheveux blanchis par la douleur et l’indifférence. Elle caressa ce corps usé par la douleur. Ce corps qui fut et qui ne sera plus jamais. Et une vie s’en alla. Dans un bruyant silence et une indifférence claquante. Une vie qui ne sera plus jamais. Pour l’éternité.

Amélie Diack Antony, le 25 janvier 2018

 

Ô Toi qui passe!!

L’aube de la vie est un moment important pour tout être. Découvrir une famille, une fratrie est laborieuse et épique pour toute âme. Alors, que dire du crépuscule d’une vie ! Quand assis à l’ombres d’un arbre ou sur une chaise enchâssée sur un balcon, étendu dans un lit abhorré, les pensées s’envolent et retracent une vie, riche en rencontres et pauvre en émotions. Une vie pauvre en relation fraternelle. Toujours le dernier sur ce coup-là. Aider quelqu’un dans le besoin est une seconde nature. Par contre, quelle épaule pour vous en cas de besoin. Juste une absence. Une transparence qui s’est installée au fil du temps. Une indifférence dévastatrice. Ignorée. Des réflexions à la troisième personne fustigeant l’absent, en sa présence

Alors regarder un destin sans fards. Poser des questions aux sourds. Des blessures salies. Ah les mots, si libérateurs. Si assassins. Écrasant toute velléité d’explications, de paroles. Souffrance muette. Hurlements sourds. Douleurs insultées. Foulées au pied. Demande ignorée. Ridiculisée. Écrasée de mépris… Et le doigt accusateur !! Ce doigt qui pointe cette inexistence vivante. Ce rebut de la nature qui n’a pas de nom. Pas de visage. Pas d’âme. Pas d’existence….

Des cris dans le désert. Face à une foule qui se meut annihilant les cris sous le sable du désert humain. Ces cris… Ces hurlements. Ces sanglots. Ces douleurs. Si présents. Si bruyants. Si étouffés dans ce monde annihilateur, juge de tous gestes. Sans velléité de compréhension.

Douleurs des gestes hachés. Douleur de l’âme fragmenté. Douleur de l’humain face au désert de l’indifférence. Ô toi qui passe ! Juste pour un temps. Pour une seconde. Pour un temps de ton temps. Arrête-toi. Écoute. Écoute…. Ce n’est pas le vent. Non, c’est un humain. Juste là. Devant toi. Décille tes yeux et regarde. Regarde cette forme qui s’éveille et s’éclot sous ton regard. Insuffle la vie à la transparence. A l’humain annihilé par le mépris. Par le silence. Par l’indifférence.

Ô toi qui passe. Assainis ton cœur et comprend. Comprend la mort lente du non-regard. Comprend les jours orphelins de regards. De paroles. De prise de conscience. Comprend… Comprend ce lien rompu par le temps, l’indifférence, l’insulte, les préjugés. Écoute…. Écoute. Ce mal qui ronge. Ce mal qui tue à petit feu. Ce mal qui dissipe la présence et embrasse l’oubli. Ce mal qui assèche tout sentiment d’empathie. Ce mal qui tue. Rongera t-il tout sur son passage ? Même la transparence ? Même l’empathie ?

Ô toi qui écoute. Entends-tu ce cri dans le désert ? Ce cri d’un humain envahi par la transparence et l’indifférence ? Ce cri qui hurle la vie ? Hurlements muets. Hurlements d’outre-tombe. Écoute la mort qui passe et annihile ce cri. Ce cri de vie. Une vie oubliée. Écrasée par la douleur. Écrasée par l’indifférence. Ô toi qui écoute ! Où es-tu ? Ne passe pas sans regarder. Ne pars pas sans regarder. Avec ton âme. Avec tes tripes. Et tu verras….

Tu verras la vie. Tu verras la force de la vie. Tu verras la résilience. Tu verras un humain à genoux. Tu verras ses larmes perlant à travers des sanglots enragés par l’indifférence. Des sanglots laissant suinter des larmes de sang d’une fin de vie. Des larmes qui annoncent l’outre-tombe. Des larmes….

Et puis, tu verras à travers la transparence la douleur de l’absent présent. L’absent indifférent. L’absent assassin de l’existence d’une vie. L’absent tueur d’empathie. Ô toi qui passe, regarde. Regarde…. Emplis tes yeux de la non existence. Emplis tes yeux de la transparence de l’être. Ô toi qui écoute ! Écoute l’écho du silence de l’être inexistant. De l’être annihilé. De l’être qui est, sans être. Écoute ces sanglots qui se mêlent aux eaux éphémères des oueds asséchés par ce vent rageur. Écoute ces cris mortellement silencieux. Ces cris qui portent le deuil d’une vie qui fut et ne sera plus. Ô toi, ô humain n’assassine pas une fois de plus une présence transparente. Une présence qui indiffère. Pas de pitié. Juste de l’humanité. Un regard qui dit « je te vois ». Une écoute qui dit « je t’entends ». Une voix qui dit « Tu es. Tu existes ». Un regard qui ôte la transparence.

Ô toi qui passe, ne médis pas. Les vies, les destins sont si différents. Ô humain, comprend. Ne juge pas. L’incompréhension est parfois signe d’intelligence. Parfois empathie. Parfois amour. Tout simplement.

Ô transparence qui annihile tout. Sors de ce désert de la vie. Trouve un endroit qui te fera fleurir. Ne reste pas pour assécher un cœur et faire fleurir le désir de non existence. Ne fait pas fleurir toute envie de disparition. Tout désir d’aller vers cette terre légère aux bras maternels grands ouverts et si accueillants. Cette terre qui donnera vie à l’absence. A la mort en effaçant toute transparence et ne laissant que le souvenir de ce qui fut et ne sera plus.

Ô toi qui écoute. Parle aux humains. Dis-leur que la transparence blesse. Que la transparence annihile tout. Que la transparence tue et laisse parler la terre mère si accueillante. Un jour le souvenir viendra. Bien trop tard. La transparence aura pris le dessus, enveloppant l’être affaibli par des années d’indifférence. La transparence en fera offrande à la terre mère. Sans compassion. Juste pour effacer ce qui fut et jamais ne sera.

Amélie Diack Antony le 16/05/2019

Miki, l’aventurier pique-boeuf – Justine Dédé – 2019

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de couverture

Rêvant de bonheur, Miki, un bel oiseau, abandonne les siens et s’envole pour la grande ville. Mais celle-ci est inhospitalière, effrayante même. Miki y est malheureux, et décide alors de rentrer chez lui, auprès de sa famille et de ses amis, au cœur de sa terre natale.

Chronique

Qu’est-ce qu’on peut s’ennuyer quand on est un pique-boeuf ! Débarrasser les bœufs des insectes qui les dérange est si valorisant et si fatiguant. Alors, Miki décide de changer d’air et d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. C’est possible. Elle parait plus verte. Mais, c’est si dur.

Miki l’aventurier pique-boeuf est un conte qui nous fait réfléchir sur la force de l’amitié. Sur le rapport à l’autre. Celui qu’on ne connait pas. Celui qui vient d’ailleurs et qui ne nous ressemble pas. C’est aussi une réflexion sur la volonté. Partir, c’est d’abord se préparer. C’est aussi savoir…

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Discours de Gbêhin azi bô Ahidjlé Ahossou Gbowélé (Béhanzin) roi du Dahomey (1889 à 1894)

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Discours d’un roi déchu (né vers 1845) avant son départ pour un long exil ou plutôt d’une longue errance. Il sera en résidence surveillée à Fort de France (Martinique)avant d’être assigné à résidence en Algérie jusqu’à sa mort en 1906. 

Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les Français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avions décidé de lutter. Nous avions, alors, la certitude de conduire notre armée à la victoire.

Quand nos guerriers s’élevèrent par milliers pour défendre le Danhomey et son roi, j’ai reconnu avec fierté la même bravoure que manifestaient ceux de AGADJA, de TEGBESSOU, de GUEZO et de GLELE.

Dans toutes les batailles, j’étais à leurs côtés. Malgré la justesse de notre cause, nos troupes compactes furent décimées en un instant. Elles n’ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courge et la discipline. Et déjà ma…

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Entretien avec Kama Sywor Kamanda, dramaturge, écrivain, conteur et poète Congolais

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Bonjour Kama Sywor Kamanda. Je suis Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien. J’en suis honorée. À la question « qui êtes-vous », que avec Aimé Césairerépondrez-vous ?

 Kamanda – Je suis écrivain, poète, dramaturge et essayiste Congolais.
A.D. Pas seulement. Vous êtes conteur aussi

A.D. Vous parlez de vous en tant que Congolais d’origine Égyptienne. Je crois deviner pourquoi.41txBDCuDyL._SX195_ Cependant, je souhaite que vous nous en parliez

 Kamanda – Je suis né Congolais avec des grands parents Égyptiens déportés au Congo en tout début de l’occupation du pays par les Belges. Ils avaient le statut des colons indépendants de 280413_270482819760974_834406419_ol’administration coloniale Belge ! Mon père avait d’immenses plantations et faisait travailler des milliers de familles.

A.D. J’étais loin d’imaginer cela. Je pensais à Cheikh Anta Diop et de sa théorie sur l’origine négroïde des pharaons d’Égypte

A.D. Pouvez-vous nous parler de votre enfance, de vos études ?

Kamanda

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Souffles – BIRAGO DIOP

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.

Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne…

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Entretien avec Théo Ananissoh, homme de Lettres Togolais – 1962

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

9782072733307_1_75Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée. Si je vous dis « qui êtes-vous ? », que répondez-vous ?
Théo Ananissoh, écrivain togolais.

A.D Où avez-vous fait vos études et quels sont les souvenirs que vous en gardez ?
Eh bien ! la maternelle et l’école primaire à Carnot et à Berberati (c’est en République centrafricaine où je suis né en 1962), le collège à Lomé au Togo, le lycée à Dapaong, également au Togo, et l’université à Lomé puis à Paris (La Sorbonne, Paris III).
Un bon souvenir de l’école primaire évangélique à Carnot : les pasteurs suisses qui nous éduquaient. Des femmes douces et patientes. Quelque chose s’est fixé en moi alors pour la vie.

A.D. Pouvez-nous parler de vos souvenirs d’enfance ?002496089
J’ai commencé. Enfance merveilleuse en Centrafrique dans les années 60 et 70. Du fait de la profession…

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Shouna and me – Part. II

Dans la première partie, je vous parlais du rôle qu’avait joué ce petit bonhomme quand j’étais au collège. Un collège où j’étais harcelée par un groupe de quatre filles (j’étais dans un collège de jeunes filles) beaucoup plus âgées que moi.

A mon entrée au lycée, c’était le nirvana. J’étais tranquille, une vraie sauvageonne avec très peu d’amies, mais de très bonnes amies. Alors Shouna fut mis aux oubliettes avec le rêve d’en faire un livre plus tard. Puis la vie  a fait une pirouette dans mon destin: je perdis mon père. Ce fut l’occasion pour moi de redonner vie à ce bout de chou afin qu’il m’aide à assumer ma colère, ma douleur, mes rêves avortés. Shouna fut à mes côtés, en France, lorsque je débutais ma nouvelle vie de responsable de famille. C’était en 1982 et depuis, mon rêve est d’écrire son histoire

SVP. Lisez. Partagez. C’est urgent.

Aujourd’hui, je publie autre chose car je ne peux rester sans rien faire. Une personne souffre et est effrayée du lendemain. Elle est atteinte d’un handicap. Merci

https://www.leetchi.com/c/handicap-et-nouvelle-vie-51722631

Bonjour,
Suite à une maladie neurologique toujours non étiquetée par le corps médical, je suis depuis quatre ans en incapacité de travailler, pour les médecins la reprise du travail est inenvisageable car cela détériorerait mon état de santé encore plus qu’il ne l’est. Sans salaire, sans aide (car je ne rentre dans aucun cadre): je suis à la limite de l’expulsion suite à des arriérés de loyer impayés, je suis devenu interdit bancaire suite à des crédits non payés car plus de moyens d’assumer mes responsabilités! Sans le sous, sans minimum vitale pour vivre, pas d’accès au soins. C’est pour cela que je vous sollicite pour m’aider à survivre à cette situation, pour que par la suite je reprenne des forces pour trouver un travail à domicile, qui me permettra d’avoir de nouveau un salaire et de retrouver un minimum pour vivre convenablement !Merci. Lydia

Faites passer. Partagez. Laissez parler votre cœur. Merci à tous et à toutes

A TOUS LES AMOUREUX SUR TERRE ! HARMONIE DES AMANTS

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Toi à qui je pense
Tu es le ciel et l’onde de mes yeux !
Miroir de tous les cieux,
Tu es l’argent blanc du midi sur l’onde miroitante.
L’or sublime de l’Occident dans le soir serein,
Quand s’embrasent grandioses les voile du Couchant !
Ô ciel de mes yeux !
Toi à qui je pense
Tu es l’onde de mes yeux !
Mer calme tantôt, tantôt tranquille
Je suis tango de flamands sur tes berges vivantes…
Dauphin joyeux me sens dans tes profondeurs tièdes
Oh ! Onde de mes yeux !
Lac soumis à la nonchalance des cygnes,
Tu fais rosée étincelante du matin,
Beau sourire de la nature sur pan de jardin
Quand dans le lointain, l’oiseau chante nos réveils !
Oui, onde de mes yeux…
Toi à qui je pense, ô ciel et onde de mes yeux,
Tu es sourire arc-en-ciel qui me foudroie l’âme
Tu es…

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POUSSIN S’EST ENDORMI – (A Rudy, mon petit frère)

La nuit a posé son voile sur la terre des hommes. Elle s’est étirée d’un bout à l’autre de la terre des hommes. Le firmament comme une nuit de fête a éclaté de milles feux. L’homme se sent si petit dans cet univers illuminé. Cet homme est fatigué. Il a usé toutes ses forces pour une humanité qui l’ignorera toujours. Son corps ne réagit plus qu’à la douleur de la fatigue. Une bonne détente, un bon bain, un bon repas et les batteries seront rechargées.

Le téléphone sonne. Un ami. Une voix dans ces ténèbres harassées. Une voix connue. Une invitation. Une sortie. Un match. Une probable rencontre. Intéressant. Une voix usée répond oui. Se changer les idées. Qui refuserait, surtout quand on a trente ans ?
Un bain. Une préparation méticuleuse. L’espoir d’une bonne soirée en compagnie de gens intéressants. Peut-être une âme égarée, solitaire à consoler. L’homme est parti après avoir posé un baiser apaisant sur le front inquiet d’une mère poule.

Ce soir, elle ne s’endormira qu’après son retour. C’est un secret de polichinelle entre eux. Il rentrera sur la pointe des pieds, la sachant à l’affût. Il fera un peu de bruit dans la salle de bains. Elle fermera enfin les yeux, rassurée : poussin est rentré au nid.
La nuit s’en est allée, discrètement, sur la pointe des pieds. Le jour a montré sa face réjouie. Le soleil s’est amusé de la fatigue des humains et de leur obligation à se lever. Doucement, les yeux se sont ouverts à la vie.

Discrètement, une mère s’est levée. Elle a préparé un café plein d’amour, mis le couvert. Elle a préparé la table du petit déjeuner. Dans quelques instants, son petit poussin arrivera, trainant les pieds, la mine renfrognée. Il éclatera de rire en la voyant et, tout en buvant son café, lui racontera sa nuit de folie. Elle lui fera des remontrances. Il affichera une mine mi contrite, mi amusée. Il acquiescera à tout, sans écouter un mot. La mine réjouie, il recommencera dès le weekend suivant.

Ce matin, le soleil assistera à une autre rencontre mère-fils. Le café aura un goût de plaisir, de déjà-vu merveilleux. Ce matin, poussin est en retard. Sa nuit a dû être plus harassante que les autres.

Ce matin, une mère, sur la pointe des pieds, s’en va réveiller son fils. Il doit aller travailler dans une heure. Il sera en retard. Ce matin, une mère a posé la main sur l’épaule dénudée de son fils. Elle est glacée. Ce matin, le café sera froid et solitaire. Ce matin poussin n’ira pas travailler. Il n’ira plus travailler. Ce matin, poussin s’est endormi.

Amélie Diack

Le sang de Fanta – Mamadou Samb – 2016

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de couverture

« Le rang, le sang et l’honneur ne sont pas très souvent utilisés à bon escient dans nos sociétés africaines. Au lieu d’être des leviers susceptibles d’impulser le développement par l’acquisition ou la reconquête des valeurs morales évanescentes qu’ont eu à nous inculquer nos ancêtres, ils sont utilisés pour servir des moyens favorisant une fracture sociale béante. Le rang, le sang et l’honneur sont ainsi devenus le prétexte pour rejeter l’autre, l’avilir, le salir et le prendre de haut…. ».

Chronique

Les castes sont présentes dans de nombreuses sociétés de par le monde. Elles peuvent être à l’origine de grandes déceptions. De grandes douleurs. De nombreuses discriminations. Fanta est une jeune fille adoptée par la femme pour qui elle travaille. Elle est aimée et acceptée en tant que membre par cette famille. Une demande en mariage, et le monde de Fanta vole en éclats. Pourquoi? Que s’est-il passé?

Le…

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L’or de Ninkinanka – Sokhna Benga – 2018

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de Couverture

Aïda, jeune femme dakaroise, deux ans après le décès accidentel de son mari, apprend qu’elle est endettée. Elle fait confiance à Marie, son amie d’enfance pour surmonter cette épreuve. Les deux trentenaires vont reprendre une nouvelle vie de bourgeoise, fréquenter les plus hautes personnalités de la ville. Plusieurs évènements bouleversants et mystérieux vont changer le cours de cette vie rêvée…

Chronique

En Afrique, il ne faut jamais jouer avec les légendes. Le prix demandé par les djinns est souvent supérieur à la volonté humaine. L’or de Ninkinanka réclamera peut-être le prix du sang. Le prix des sens. Le prix du désir. Le prix garanti pour une légende. Deux amies. Deux âmes sœurs. Deux destins. Une amitié solide qui a survécu aux vicissitudes de la vie. Deux jeunes femmes si différentes et si complémentaires. Leur amitié survivra t-elle à l’amour, à la cupidité, au mensonge, au mystère?

L’or…

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Les figures marquantes de l’Afrique subsaharienne 2 – Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2019

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de couverture

Il est une évidence: l’histoire de l’Afrique constitue le plus gros mensonge civilisationnel des plus criminogènes qui ait existé. Elle avait été sciemment falsifiée pour des raisons économiques et culturelles, philosophiques et religieuses, dès l’exploration européenne du continent africain commencée par les Grecs anciens et les Romains. Certes l’histoire de l’Afrique est faite. Une grande diversité de personnalités fortes mais sanguinaires et souvent au service de puissances extracontinentales dont les actes, meurtriers et inhumains, doivent inciter à refuser de sombrer dans l’obscurantisme et dans l’asservissement. Ils doivent plutôt pousser les futures générations à souhaiter davantage une Afrique meilleure et plus éclairée sur les plans matériel, économique, social, spirituel, politique…

Mais l’histoire de l’Afrique est avant tout l’oeuvre des personnalités exceptionnelles dont les actions, les convictions et les principes, ainsi que les rêves, ont respectivement façonné les différentes époques dans le but de baliser le chemin qu’emprunteraient les…

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Un jour, un moment

C’est arrivé. Un jour. A un moment. Un moment furtif. Immobile dans le temps. Un temps furtivement lent. Furtivement long. Le moment qui vous marque. Qui vous fait oublier l’instant. L’instant présent. L’instant important. Plus important que le souffle de la vie. Ce moment là….

C’est arrivé. Personne ne l’a su. Personne n’a voulu le savoir. C’est arrivé. Dans une indifférence générale. Un moment invisible. Lumineusement invisible. Bruyamment insonore. Un jour qui semble être comme un autre. Mais si unique. Si insaisissable. La nouvelle est tombée…

Une nouvelle incroyablement violente. D’une violence crasse. D’une violence sans nom. De cette violence qui balaye tout sur son passage. Qui vous laisse à genoux. Sans voix. Sans souffle. Une tempête. Un raz de marée. Tout à été balayé. Emporté. Noyé. Brisé. Même l’horloge du temps. L’horloge de la vie.

Il s’en est allé. Il a tiré sa révérence. Il s’est enfui. Il a fui. Sur la pointe des pieds. Doucement. Sournoisement. Il s’en est allé. Laissant la place au silence. Au terrible silence. Silence de désespoir. Silence du culpabilité. Silence… Il n’est plus. Il ne sera peut-être plus. Pas la peine de le chercher. Il est resté introuvable. Il a louvoyé entre les moments de la vie. Il s’est éclipsé. Il s’en est allé, oubliant cette marionnette branlante de la vie. Il s’en est allé. Sans un regret. Sans un regard en arrière. Le bonheur….

Il a dit « Nègres »

Réponse aux propos de Jean-Paul Guerlain lors de son intervention télévisée sur France 2 le 15 octobre 2010. « J’ai travaillé comme une Nègre. Je ne sais pas si les Nègres ont toujours travaillé ». 

Il a dit Nègre, ce vieillard plein de sa suffisance coloniale. Il a dit Nègre engoncé dans son 240_F_11814547_qC5nXrCI7VQ2fnXGL3oGNBlWmiOCcLYIracisme qui ne dit pas son nom. Il ignore si les Nègres travaillent beaucoup, dit-il, imbu de sa bêtise. Alors, Monsieur Alzheimer, reprenons le cours de nos histoires.

Non, le Nègre ne travaille pas. Il a plié le dos des siècles durant dans les240_F_363600_5nATPMexOCdwFBcQsAbPreSthUwF3q champs de canne. Il a construit l’économie des îles, de l’Europe en échange de son âme, de son sang, de sa vie.

Non, le Nègre ne travaille pas. Il a juste servi de chair à canon pour libérer l’Europe du joug de la guerre. Non, le Nègre ne travaille pas, il balaye vos trottoirs, nettoie vos saletés, torche vos enfants, essuie la bave de vos aïeuls, 240_F_64568663_mfBKpbNED9MM50d4tX4hmDCMFaVebR6Esoigne vos malades, conduit vos bus, s’occupe de vos courriers…

Non, le Nègre ne travaille pas. Il vous informe jour après jour de l’actualité. Il est économiste, homme politique, travailleur chez Renault, chef d’entreprise….

Non, ingrat qui regrette le bon vieux temps. Faut-il réinstaurer l’esclavage afin que vous voyiez la Négraille au boulot?

Amélie DIACK le 19/10/2010

Amira, la fille bannie – Joséphine Loppy – 2019

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de couverture

Une vie cueillie sauvagement, un cursus scolaire brillant stoppé en pleine ascension, un rêve brisé, juste pour préserver des intérêts! Voilà le tableau qui est dépeint à travers l’histoire d’Amira, cette jeune fille innocente à qui les parents ont très tôt ôté la joie de vivre. Croyant en sa bonne étoile et ne voulant pas finir sa vie comme tant d’autres jeunes filles de son âge, à peine sorties de l’enfance, elle a pris son destin en main et s’est enfuie, loin des siens, bravant ainsi l’inconnu. Là-bas , une  nouvelle vie l’attendait.

Chronique

Toute jeune fille a des rêves. Toute adolescente rêve  du métier qu’elle fera plus tard. Elle rêve de la vie de famille qu’elle se fabriquera avec l’homme qu’elle aime. Mais, la vie, l’inconscience humaine peuvent parfois être des freins à ces rêves. Que se passe t-il quand, finalement, rien ne se passe comme…

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Les tribulations d’Alphonse Madiba dit Daudet – Edimo & Al’Mata – 2016

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Chronique

Tout le monde connait  notre ami Tanguy, n’est-ce pas? Eh bien, figurez-vous qu’il a un jumeau africain. Un jumeau…. en pire. Alphonse Madiba dit Daudet est un éternel étudiant, fou de la France et d’Alphonse Daudet, l’écrivain. Cet étudiant est censé faire des études avant de rentrer dans son pays avec un diplôme en poche. Mais… Avec lui, il n’y a que des « mais ».

Nous voilà devenus les témoins involontaires de la vie décousue de cet étudiant qui n’a rien d’exemplaire. Un étudiant qui vit dans un éternel tourbillon de fêtes, de rencontres féminines. Un étudiant forcément absent à tous les cours. Une vie de fête, tandis que ses parents se saignent aux quatre veines pour lui assurer un revenu minimum en plus de sa bourse. Tout comme notre amie la cigale, notre éternel étudiant s’est beaucoup amusé. Le retour à la vraie vie va s’avérer rude pour lui…

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Rebelle- Fatou Keïta – 1998

Quatrième de couverture (Erik Orsenna)

Il était une fois Malimouna, fillette africaine. Il était une fois la tradition de l’excision. Malimouna n’est pas docile. Malimouna va refuser de se soumettre au rituel séculaire. La vie qui suivra ne sera pas de tout repos…

Chronique

Une amitié entre deux enfants. L’une est une citadine, l’autre est une villageoise. Deux destins différents. Deux vies différentes. Celle de Malimouna est régie par les traditions. Traditions qu’elle ne supporte pas car trop contraignante pour une femme et encore plus pour une petite fille. Une petite fille qui subit tout et dont l’avis ne compte pas.

Rebelle parle de la condition féminine et de l’impact de la tradition sur la vie de cette dernière. Malimouna représente toutes ces femmes qui disent non aux traditions de l’excision et du mariage précoce. Cependant, dans une société où la tradition régit tout, Malimouna peut-elle faire face aux conséquences de ses choix? Pourra t-elle tourner la page et avancer? A quel prix? Se doute t-elle de ce que l’avenir lui réserve?

Au rythme des pages et des mots, nous entrons dans la vie de cette jeune femme. Une vie où rien ne lui sera épargné. Une vie où sa force et sa résilience seront mis à rude épreuve et seront un formidable atout. Pour avoir dit non à l’excision et au mariage forcé, l’enfer s’ouvrira sous ses pieds. Pourra t-elle pardonner aux traditionnalistes? A sa famille? Que sera sa vie hors du village? Regrettera t-elle sa révolte?

Rebelle nous démontre comment certaines traditions peuvent nuire à la femme et la pousser vers les portes de l’enfer. C’est un récit prenant qui nous montre Malimouna comme symbole de la révolte de la femme face à ses conditions bafouées. Malimouna est le symbole de la combativité de la femme africaine qui, quoi qu’il arrive se relèvera pour porter la vie à bout de bras. Pour transmettre l’espoir et la liberté. Femme Africaine qui, malgré le désir de sa soumission de la part des hommes, restera toujours une rebelle.

Note 19/20

9782708706576 Editions Présence Africaine 232 p.

Inspecteur Ali (1993) de Driss Chraïbi

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

J’ai lu ce roman pour la première fois, il y a longtemps. Il m’a tellement plu que je l’ai relu à plusieurs reprises. Je me suis beaucoup amusée et je continue à chaque relecture. L’histoire parait simple. Mais, elle est plus compliquée qu’on ne le pense. Ce livre est plein d’humour.1472811_478678228914571_1769003132_n

Driss Chraïbi dresse une galerie de portraits de personnages hauts en couleurs et très attachants. C’est l’histoire d’un choc culturel entre une famille marocaine et une famille écossaise. Non, vous ne rêvez pas. Un retour aux sources qui donne lieu à une histoire rocambolesque.

-ChraibiDrissLe retour de Brahim et de sa femme soulève bien des quiproquos. En effet, la cohabitation entre les deux cultures semble un peu compliqué. C’est avec tendresse et humour que l’on accompagne Brahim et son épouse écossaise lors de leur rencontre avec les autochtones. Chacun semble accepter l’autre tout en gardant précieusement sa culture, quitte à…

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Assollicitation – Dimbombi – 2018

Les chroniques de Lee Ham

Quatrième de couverture

Stagiaire non déclaré, sans salaire et issu d’une famille pauvre, Juvénil Nguekipi se démène comme il le peut dans un Gabon qui n’est pas tendre pour les plus démunis. Pour subvenir à ses besoins, il est contraint de se mettre à vendre illégalement du chanvre. Mais lorsqu’il est arrêté, et déféré au Parquet, cette activité n’est qu’un prétexte: le Préfet jaloux, l’accuse également de détourner son épouse. Pourtant, la belle Lune dont notre héros est amoureux n’est que la maîtresse du préfet… Comment Juvénil va t-il échapper à cette machination?

Chronique

Si on vous demandait de parler de vous, de votre vie, que diriez-vous? Comment vous présenteriez-vous? Quels mots utiliseriez-vous? Juvénil s’y plie, l’air de rien. Juste en posant des mots. LES mots qui le caractérisent. Qui décrivent son moi profond ou non.

Assollicitation nous emporte dans les pérégrinations d’un stagiaire-enseignant sans le sou mais bourré de…

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Les jardins des femmes – Aminatta Forna – 2006

AminattaForna-HiResJ’ai découvert cette écrivaine métisse Sierra-Léonaise et Britannique, née en 1964 à Glasgow, par un pur hasard. C’est l’écriture atypique de son prénom qui m’a interpelée. C’est vrai, je choisis mes livres de manière bizarre, mais, jusqu’à présent, cela m’a permis de trouver des diamants de la littérature contemporaine. Cette écrivaine qui a passé sa vie entre ses deux pays (Sierra Leone et Grande Bretagne), journaliste de la BBC, a écrit de nombreux romans dont les jardins des femmes. Le nom de ce roman est, selon moi, une garantie de voyage et de découverte. Je n’ai pas été déçue. Loin de là.

C’est l’histoire d’une jeune femme, métisse qui apprend avec surprise qu’elle a un héritage en Afrique dont elle est l’unique bénéficiaire. Elle décide de l’accepter. Ce sera le début d’un voyage initiatique à travers les personnages de sa famille et l’histoire de ce pays dont elle ignorait tout. Abie, l’héroïne, découvre sa propre histoire. Petit à petit, elle découvre que l’histoire familiale est liée à celle de sa nouvelle patrie.

Aminatta Forna nous envoûte par ses mots, son écriture simple, fine qui coule de sesaminatta-forna veines et atterrit sur la feuille en passant par sa plume, nous emmène au-delà des mots. Nous nous identifions à ces femmes aux histoires si différentes et si communes. Leurs rires, leur vie ne laissent personne indifférent. Leur vie paraît si simple, alors qu’elle est compliquée et dure. Ce qui ne les empêche pas de rire, de pleurer, de se disputer, de vivre tout simplement. Vivre cette vie qu’elles n’ont pas choisie, mais qu’elles assument.

Abie intègre sa nouvelle identité à l’ancienne comme on rapièce un pagne mille fois déchiré et recousu. Elle le fait patiemment comme sa nouvelle patrie qui se remet d’une guerre fratricide. j’ai adoré ce livre, ce voyage envoûtant de ces femmes simples au bout de leur choix de vie. Un choix imposé par des évènements qu’elles n’ont pu contrôler et qui a marqué leur vie à jamais.

Ce livre nous pousse à nous questionner sur le poids de l’histoire et son impact sur les Humains. Comment se réapproprier sa vie après la guerre? Que faire des souvenirs qui ne sont pas forcément agréables? Une belle lecture qui touche profondément notre cœur, notre humanité, notre âme. Une superbe ballade dans la vie de ces femmes qui tiennent l’Afrique et leur pays à bout de bras.

Commentaire Yumiko sur « Une nuit d’enfer pour Adi » – 4 mars 2019

Une nouvelle qui m’a touchée mais qui aurait mérité d’être plus développée.

Format: Format Kindle
L’auteur m’a permis de retrouver ces personnages dans une petite nouvelle de quelques pages. J’ai beaucoup aimé l’idée qu’elle soit centrée sur Adi et sa relation avec Maïssa. Ce couple me touche beaucoup de par ses différences et le combat qu’il doit mené pour construire sa relation et faire en sorte que leur union soit acceptée. Cette nouvelle revient d’ailleurs sur cette difficulté, le tout mêlé à une histoire surprenante…

Je dois admettre que j’ai eu un peu de mal à bien cerner l’histoire, car le côté onirique perd un peu le lecteur dans des méandres surprenants et inattendus. Entre rêve et réalité, nous ne savons plus très bien sur quel pied danser, si ce n’est que c’est le cœur même de leur relation qui est remis en question. Adi devra tirer des enseignements de cet événement et des décisions s’imposeront pour la suite de son parcours.

Plusieurs thèmes et éléments soulevés m’ont touchée et j’ai trouvé les réflexions très intéressantes. Par contre, j’aurais aimé que l’histoire soit plus longue et plus développée pour mieux cerner les chemins sur lesquels l’auteur veut nous emmener et le message qu’elle veut nous faire passer. Je pense que cette nouvelle aurait gagné en clarté et le lecteur aurait pu entrer encore plus facilement dans ce récit et en profiter pleinement, s’il avait été un peu plus long.

En bref, j’ai été super contente de retrouver ces personnages, même si j’aurais apprécié que l’histoire soit plus développée.

Roland Brival – 1950 – Touche à tout Martiniquais

41FNYVSEGQL._UY250_Roland Brival est un auteur Martiniquais né en 1950. Il a grandi en France. Cet artiste porte de nombreuses casquettes. Tout d’abord, c’est un artiste complet. Il est en effet, peintre, sculpteur. Ce qui lui a permis pendant longtemps de vivre entre Paris, Londres et New York où il a fait de nombreuses expositions. Il est aussi un homme de scène. D’ailleurs, jusqu’en 1985, en Martinique, il a dirigé une troupe théâtrale: Boua Boua. En tant qu’artiste, il est aussi chanteur et musicien, auteur pour chansons d’enfants , entre autres, jazzman.0357396

Comme si cela ne suffisait pas, il a été critique littéraire pour le magazine Elle. Roland Brival est un écrivain à part entière. Il a été ordonné chevalier des Arts et Lettres en 2013. Il est aussi titulaire de prix:

  • 1985 Prix Littéraire des Caraïbes de l’ADELF pour Tambours de Gao
  • 2000 Prix du livre RFO pour Biguine Blues

9782748103441_1_75Les romans de Roland Brival reflètent sa créolité. Il aborde souvent des sujets qui touchent des pans oubliés de l’histoire des Caraïbes. Par exemple, dans le dernier des Aloukous. Il aborde aussi un sujet qui lui tient à cœur, le métissage. A travers ses écrits, on ressent son héritage musical car ses mots ont une belle résonnance. Roland Brival est une grands richesse pour le patrimoine Créole.

Bibliographie

  • 1978 Martinique des cendres
  • 1982 le sang du roucou
  • 1983 La montagne d’ébène9782859405137
  • 1985 Les tambours de Gao
  • 1986 No man’s land
  • 1991Le chevalier de saint Georges
  • 1996 Le dernier des Aloukous
  • 1998 Bô
  • 1998 Bienvenue à Fort de France – nouvelle
  • 1999 Biguine Blues
  • 2000 La robe rouge
  • 2001 Sang-mêlé – nouvelle
  • 2002 En eaux troubles
  • 2004 Coeur d’ébène
  • 2004 Berlin, Berlin – Nouvelle
  • 2005 Un amour de Saanbad
  • 2007 L’ensauvagé
  • 2010 Antilles: secrètes et insolites
  • 2016 Nègre de personne
  • 2017 Sato San le maître des corsets
  • 2018 Les fleurs rouges du flamboyant

La création de Shouna

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce petit personnage bizarre n’a pas été créé juste avant la parution du livre. Au contraire. Ce lutin vert me tient compagnie depuis très longtemps. Depuis le collège. C’est une période qui a été très éprouvante pour moi. J’étais la plus jeune collégienne de ma classe. Une enfant très solitaire et portée sur la lecture. D’une timidité maladive.

J’ai ainsi fait la connaissance des filles les plus âgées de ma classe (j’étais dans un collège de filles) qui, jusqu’en quatrième, m’en ont fait voir de toutes les couleurs. Quotidiennement, je subissais les insultes, les bousculades, les coups, les moqueries, les menaces.  Je n’osais en parler à personne. Un vrai calvaire. Après avoir tout inventé pour ne pas aller à l’école, en vain, j’ai créé ce petit personnage. En secret, j’écrivais son histoire. Il exécutait de moult façons ces mégères. Chaque jour, une histoire, une page, un chapitre de plus. C’est ainsi qu’est né mon roman et son personnage principal.

A bientôt pour la suite!

Le théâtre Africain/Antillais – sa place dans la littérature et la société

Pas de crainte à avoir. Je ne vais pas me lancer dans de grandes envolées lyriques, mais plutôt je vais essayer de vous expliquer brièvement un genre littéraire qui est plus compliqué qu’il n’y paraît. Je veux juste que vous ayez une idée du rôle de cette forme de littérature dans les deux sociétés, si je peux m’exprimer ainsi.

Un sujet très actuel en Afrique et aux Antilles. Je vais vous dire pourquoi. L’Afrique a une très grande Histoire orale, transmise par les griots. Tous les messages royaux étaient transmis de village en village par des hérauts-griots et par des tambours sacrés. Ensuite, n’oublions pas que les Antilles étaient une terre d’esclavage où les esclaves devaient user de moyens pour diffuser leurs messages à l’insu des planteurs. Cela se faisait par des chansons ou des pièces de théâtre. Cette place du théâtre reste toujours aussi importante actuellement, bien que cela ne permette pas de passer des messages secrets, mais plutôt de les diffuser au su et au vu de tous pour le plus grand bienfait des populations.

Presque tous les écrivains classiques noirs passent par la case théâtre et les nouveaux suivent ce mouvement aussi bien que possible. Souvent avec beaucoup de succès. En Afrique, les messages sont souvent sanitaires pour mettre fin aux grandes épidémies, pour faire de la prévention, pour aborder les problèmes et faits sociétaux. Les troupes théâtrales véhiculent leurs messages de place de village en place de village. Aux Antilles, il ne s’agit pas de messages sanitaires, mais d’un rappel de l’histoire caribéenne. Le rôle de la parole reste le même partout: La transmission.

Lorsque j’ai abordé le conte, j’ai expliqué que chaque conte était une pièce de théâtre en lui-même. car ces derniers expliquent aux jeunes spectateurs la tradition, l’éducation, le civisme, l’histoire. C’est pour cela qu’il ne faut pas s’étonner de son importance pour les écrivains.

J’espère que j’ai pu vous renseigner simplement sur un sujet important, un classique de la littérature Noire. Vite, allez prendre une grande tasse de thé pour permettre à vos neurones de revenir et de fonctionner à nouveau. Santé!

Driss Chraïbi, le rebelle Marocain (1926-2007)

Eh oui, nous continuons dans la veine du roman policier. Nous allons du côté du Maghreb pour faire connaissance avec un écrivain haut en couleur et qui ne connaît pas la langue de bois. Je l’ai déjà dit et je le redis encore, j’adore les écrivains Maghrébins. Ils sont un brin torturés ou écartelés par des choix machiavéliques. Ce qui donne toujours des romans d’une grande richesse, d’une grande finesse. Quand je referme leurs livres, mon cerveau fait un brain storming qui n’est pas désagréable. Driss Chraïbi est un de ces auteurs que je prends toujours plaisir à lire.

Il est né le 15 juillet 1926 à El Jadida au Maroc et s’installe en France en 1947. Il est le rebelle qu’on peut aimer ou haïr car il pose sa plume là où il fait mal socialement. L’encre de sa plume est le vitriol. La conscience sociétale ne se repose pas avec lui. Au contraire. Dès son premier roman Passé simple (1954), il montre sa future ligne de conduite. Il y parle de conflits de générations. Il y attaque la tradition Marocaine qu’il trouve pesante. Les attaques des « bien-pensants » ne tardèrent pas. Certaines vérités ne sont pas bonnes à dire et ce n’est pas ce que pense Driss Chraïbi. Il gardera toujours ce style caustique jusqu’à sa mort, le 1er avril 2007.

Dans Mère du printemps (1982), il défends les Berbères et parle de la libération de la femme. Dans Les boucs (1955), il dénonce le racisme anti-Maghrébins, le sort de ses frères sur le sol Français. Il atteint les sommets du caustique avec Civilisation, ma mère (1972) où il plaide en faveur de l’émancipation de la femme. Il y salue la renaissance et la liberté de la femme. L’inspecteur Ali* (1991) décrit avec beaucoup d’humour les tribulations et les conditions d’enquêtes d’un inspecteur. Comme tout écrivain, il arrive un moment où l’on se retrouve face à soi. C’est le cas de Driss Chraïbi qui écrit son autobiographie en 2001 le monde à côté. Je pense que c’est le seul roman où il laisse parler la tendresse, les éclats de rire, les souvenirs.

BIBLIOGRAPHIE (*romans policiers)
1954 Le passé simple
1956 L’âne
1961 La foule
1962 Succession ouverte*
1996 Un ami viendra vous voir
1981 Une enquête au pays*
1992 Les aventures de l’âne Khal
1993 Une place au soleil
1994 L’homme du livre
1996 L’inspecteur Ali à Trinity College*
1997 L’inspecteur Ali et la CIA*
1998 Vu, lu, entendu – Mémoire
1999 L’âne Khal invisible
2004 L’homme qui venait du passé
2007 Un homme debout – entretien

Sorciers, djinns & Ancêtres dans Shouna la genèse maudite

Ils sont nombreux et chacun a un rôle bien défini:

  • Les sorciers appelés dëmë (deumeu) sont des sorciers mangeurs d’âmes. Ils ressemblent à n’importe qui. Ils sont en effet humains. Lors des bacchanales, ils offrent, à tour de rôle, à leur communauté une âme à dévorer. Si l’un n’a rien à donner, le choix se fait dans sa famille directe (époux, épouse, enfants). Avant de mourir, ces dëmë peuvent être tentés de se confesser (jafu:diafou). Cela est rare. Mais c’est un évènement où s’invite tout le quartier. J’ai connu un diafou là ou je vivais. Elle avait donné des noms d’accidentés, de morts inattendus. Ma mère nous avait interdit d’y aller car nous voulions savoir pour notre père. Finalement, nous avons obéi. Nous n’avons jamais su.
  • Les djinns ou djinnés. Ils peuvent prendre différents aspects. Souvent, c’est une femme blanche avec de longs cheveux. Eh oui, chez nous, le Malin est blanc et pas noir. Ils peuvent être représentés par des petits hommes étranges avec des épines à la place des cheveux ou autres personnages de même acabit.
  • Les Ancêtres intercèdent auprès des dieux pour protéger les vivants. Leur rôle est important car s’ils ne sont pas satisfaits, il n’intercèderont plus auprès des dieux et ne protègeront plus la personne à l’origine de leur courroux. Ce dernier sera vulnérable et une proie facile pour les dëmë et les djinnés.
  • Les chasseurs, les forgerons pratiquent la magie blanches mais ont de grandes connaissances dans la magie noire/ En effet les chasseurs doivent interférer auprès de ancêtres pour que leur chasse soit fructueuse. Ils doivent aussi pouvoir dompter l’âme de l’animal tué et se faire pardonner auprès de Dame Nature pour lui avoir pris l’un des siens. Les forgerons sont les maîtres du métal. Ils connaissent les incantations séculaires pour se faire obéir du métal et le dompter.

SHOUNA: La genèse maudite – FLORIC

dépaysement et magie16 juillet 2018

Le voyage et le dépaysement sont à la portée d’un clic de souris. Shouna, ce petit-être mystérieux, tant attendu par les siens et destiné à changer le monde. En le lisant, on a l’impression d’écouter le griot nous parler et nous raconter ce conte africain. Un conte à écouter, à comprendre et à interpréter.

Chronique de Maya au pays des livres – Une nuit d’enfer pour Adi – 01/02/2019

Voici mon avis sur Une nuit d’enfer pour Adi d’Amélie Diack Auteure, une nouvelle originale.

Synopsis auteur
Après des fiançailles controversées, Adi attend Maïssa à l’hôtel. Ils doivent prendre des décisions importantes pour leur mariage. L’attente est longue et il est impatient.

Mon avis
Après avoir découvert Amélie Diack grâce à Shouna, La genèse maudite, un récit envoûtant qui nous plonge au cœur des traditions et des mythes africains, je la retrouve avec plaisir pour une courte nouvelle, Une nuit d’enfer pour Adi, qui tire un peu plus vers le côté horrifique.
L’auteur nous invite dans la vie d’Adi qui ne souhaite qu’une chose, épouser celle qu’il aime. Mais tout ne se passe pas comme le couple l’avait prévu. Les aînés s’opposent à leur union, Adi doit retrouver sa bien-aimée pour faire le point sur leur relation.
Nous faisons donc la connaissance d’Adi au moment où il arrive à l’hôtel. Il va y vivre la nuit la plus éprouvante de toute son existence. Il se pose beaucoup de questions, et nous aussi d’ailleurs. L’auteur laisse planer le doute sur ses cauchemars terrifiants. Amélie Diack met aussi l’accent sur les phénomènes étranges, nous assistons à une explosion de matières et de couleurs peu hospitalières.
Nous percevons les tourments intérieurs d’Adi, avec toutes ces émotions et ces choses qu’il ne comprend pas. La plume de l’auteur est toute aussi envoûtante que le récit. L’angoisse monte crescendo jusqu’au dénouement.
Même si je ne suis pas une adepte des nouvelles, celle-ci a su me tenir en haleine jusqu’au bout car l’histoire est vraiment intrigante et le décor dépaysant. Amateurs de frissons n’hésitez pas à y jeter un œil.

 

Les villages dans Shouna la genèse maudite

SIGUIL (relève – toi) – Village de Shouna – il est né à la sortie de ce village. Ses parent y habitent et y cultivent leurs champs. Ils participent à la vie communautaire jusqu’à l’arrivée de leur fils prodige. C’est un village qui fait face aux aleas de la vie et dont les habitants ont une résilience à toute épreuve.

SÜBE (demain) – village d’enfants disparus – Dès l’âge de sept ans, ces enfants disparaissent mystérieusement. De ce fait, ils ont tous arrêté de grandir et les mères ne portent plus d’enfants. Cependant, l’espoir demeure car demain est un nouveau jour.

NDEEYSAAN (le pauvre) – village sacrifié – le village et ses habitants ont servi de festin aux êtres des ténèbres – il a entièrement disparu, avalé par le sol. Tout le monde a pitié de ce village fantôme

DEXX (fleuve) – royaume du fleuve, royaume de Shouna. Différent de celui de Mamie Wata

Il fut un temps…

Il fut un temps où la marche était pénible mais bien réelle. Il fut un temps où la vie autour de l’être grouillait de projets et la tête s’en emplissait. Elle se remplissait de rêves. De rencontres. De force. Malgré les déboires. Les douleurs. Les cris muets. Les larmes brûlantes. Il fut un temps…

Le temps est venu. Celui des absences. Des « avant, je pouvais« . Des marches incertaines. Du vide abyssal de la vie. De la fin des projets et des rêves. Des doutes. Des rêves brisés. Il est venu… le temps des cris sourds. Des cris-hurlements qui tétanisent la gorge. Des cris qui font des entrailles les fossoyeurs des rêves brisés. Il est venu… le temps des larmes solitaires. Des douleurs muettes de stupéfaction. Des douleurs… briseuses de corps et de vie. Il est venu le temps…..

Incompréhension. Doutes. Chuchotements. Regards sévères. Regards pénibles. Regards accusateurs. Regards…Oubliés les partages. Les rires. Oubliée l’innocence des lendemains. Oubliés…

Demain est un autre jour. Demain est un rêve avorté. Demain est source de souffrances. De douleurs. De peurs. De terreurs sans nom. De cœurs brisés. D’amour propre piétiné sur l’autel du doute. Du doigt accusateur. Du qu’en dira t-on tenace.  Du qu’en dira t-on menaces. Du qu’en dira t-on. Demain….

Amélie Diack

Antony,  le 26 janvier 2019

Extrait « une nuit d’enfer pour Adi »

Le sorcier… Où était-il ? Pourquoi ne répondait-il pas à ses appels ? Ô Dieux! Le cauchemar recommençait ! Quelle horreur ! Que faire ? Adi réfléchissait rapidement à un moyen de fuir. Vite ! Vite ! Un sifflement lugubre, dans son dos, lui fit perdre le cours de ses pensées. L’ennemi se rapprochait. Pourquoi ces vieillards assis sous le baobab continuaient-ils à discuter ? Ne voyaient-ils pas qu’il était en danger ? Adi se mit à faire de grands signes pour attirer leur attention. En vain. Le chien de la maison s’était enfui. Il se terrait derrière les vieillards et gémissait en tremblant de tout son corps. Adi se sentait seul. Incompris. Abandonné. Il était découragé. Las. Si las.

Le serpent glissa vers lui. Adi se mit à reculer. Il regrettait d’avoir quitté l’hôtel. Au moins, là-bas, il aurait pu recevoir le soutien du gérant. Enfin, peut-être. Le sorcier ! Il avait fait un geste pour éloigner les monstres. L’amulette ! Adi se souvenait du cadeau fait par son père, à la fin de son initiation dans le bois sacré. Il prit à pleine main l’amulette qu’il avait autour du cou et l’éleva entre lui et le reptile… qui disparut dans un nuage gris. À sa place, se trouvait un liquide verdâtre qui disparut dans le sol dans un chuintement horrible.

DISCOURS D’ADIEU DE GBEHANZIN (1844 – 1906)

220px-behanzin-1895Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avions décidé de lutter. Nous avions, alors, la certitude de conduire notre armée à la victoire.

Quand nos guerriers s’élevèrent par milliers pour défendre le DANHOME et son roi, j’ai reconnu avec fierté la mêmeamazonedahomey bravoure que manifestaient ceux de AGADJA, de TEGBESSOU, de GUEZO et de GLELE.

Dans toutes les batailles, j’étais à leur côté. Malgré la justesse de notre cause, nos troupes compactes furent décimées en un instant. Elles n’ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courage et la discipline; et déjà ma voix éplorée archives-4n’éveille plus d’écho.

Où sont, maintenant, les ardentes amazones qu’enflammait une sainte colère? Où est leur chefamaz_dahomey_6_1 indomptable GOUDEME YEWE KETOUGAN? Où est leur robuste capitaine GODEGBE CHACHABLOUKOU GODJILA? Qui chantera leur splendide sacrifice, qui dira leur générosité puisqu’ils ont scellé de leur sang le pacte de la suprême fidélité?

Comment accepterai – je sans eux une quelconque abdication? Comment oserai – je me présenter devant vous, braves guerriers, si je signais le papier du général?

Non! A mon destin, je ne tournerai plus le dos. Je ferai face et je marcherai car la plus belle victoire ne se remporte pas sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot.
Est vraiment victorieux l’homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur…

Un ange est passé

Des larmes roulent sur des joues. Des yeux se noient. Le ciel pleure. Il déverse des torrents de larmes. Il porte le deuil. Un mouvement. subreptice. Discret. Un mouvement.
Une femme. Un homme. Noyés sous la pluie. Eperdus de douleur. Un frère. Une sœur. Un ami. Une douleur commune. Leurs larmes sont mêlées au déluge des cieux. Un clou. Deux clous. Dix clous. Tout est scellé. Plus rien à voir.

Aujourd’hui le ciel a pleuré l’un des siens. Le monde a pu témoigner de cette peine immense. Un peuple entier a partagé cette douleur. Sans le savoir. Discrètement. Une voiture. Deux voitures. Dix voitures. Un corbillard. Un avion. Une âme s’en est allée. Vers les racines. Vers la terre mère. Des sanglots. Des cris. L’effondrement de toute une fratrie. La douleur d’une famille. Demain, un ange reposera parmi les siens. Aujourd’hui, un ange est passé. Aujourd’hui, un ange s’en est allé.

La terre se fera légère et douce comme une mère pour le lover au creux de son sein. Une mère confiera son enfant à une autre mère: la terre. La peine restera et sera profonde. Un ange est passé parmi les hommes. Un ange est retourné parmi les siens.

Amélie Diack Antony le 28/12/2016

AUBE VERTE (à Sabah)

Une sonnerie vrilla le silence. Seul l’écho répondit. La maison était vide. Pourtant elle grouillait de vie. Une télévision, quelque part, hurlait une chanson chaloupante. Des enfants criaient en rythme. Une femme s’égosillait par-dessus cette cacophonie. Son cri restait fortement inaudible.

Des bruits de pas. Précipités. Colériques. Pressés. Un grognement sourd. Un bruit de verre brisé. Le silence. Silencieusement bruyant. Le silence. Lourd de non-dits. Le silence. Vibrant de hurlements tus, étouffés.

Une débandade. Plus d’enfants. Une terreur muette. Une voix étouffée qui cherche un écho. Une réponse qui ne vient pas. Qu’y a-t-il ? Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? Des nouvelles. De qui ? Ah.

Le silence. A nouveau. Terrible. Douloureux. Une âme qui se déchire. Des sanglots. Des soupirs. Des souvenirs. Un cœur que se fracasse. S’arrache à vif. En vie.
Elle était là. Il fut un temps. Elle est partie par une aube incertaine. Elle foulait le tapis vert. Elle avançait sans un regard en arrière. Elle est partie notre Aube Verte. Sans un regard en arrière. La tête pleine de rêves. Elle est partie Sabah vers une contrée qui se nommait Akdar.

Un téléphone qu’on raccroche. Une voix muette qui résonne dans le silence. Des larmes brulantes. Un sourire. Illuminé. Vivant. Des yeux qui pétillent. Il n’y aura plus d’aube verte. Unique aube verte. Plus que jamais présente.

Amélie Diack
Antony le 02 juillet 2017

Le fou dans la société Africaine

Les traditions jouent un rôle plus ou moins prégnantes dans la vie des Africains. Au Sénégal, les relations à l’autre sont si codifiées que la parole a du mal à se libérer. Dans la littérature, un personnage est libre de tous tabous : le fou. Il est libre, car il est en lien direct avec les esprits et les ancêtres.

Ainsi, le fou de Birago Diop (leurres et lueurs), le Sergent Moussa Ndiaye, vétéran de la Seconde Guerre, déclamait au crépuscule des paroles de sagesse pour les villageois : «Écoute plus souvent les choses que les êtres, la voix du feu s’entend, entend la voix de l’eau […] les morts ne sont pas morts », car sa folie venait du fait qu’il avait tourné le dos à la tradition. Les Ancêtres et les Totems (esprits) avaient pris possession de son être. C’était le prix à payer. Quant à Cheikh Hamidou Kane (l’aventure ambiguë), son fou était le seul à oser défier le Conseil des Sages qui souhaitait assujettir la femme à la veille des indépendances. Ce Conseil qui voulait faire taire la Grande Royale qui défendait ses sœurs.

Que ce soit au cinéma, au théâtre ou dans la littérature, le fou représente la conscience du peuple. Il est celui qui dit tout haut ce que le peuple pense tout bas. Celui qui ne fait jamais scandale par ses dires et qui a son esprit en débandade. Celui qui erre à travers la vie en parlant à ses démons. C’ est un être sacré.

Sacré, puisqu’il est possédé par les dieux tutélaires. Nul ne le frappe, nul ne le harangue, vu qu’à travers lui, les Ancêtres se manifestent. Il s’agit d’une sorte de philosophe qui a réfléchi au-delà de la conscience. Le fou est celui dont la conscience est plus que torturée, laminée, mise à mort par les totems ancestraux. Celui qui a foulé aux pieds le sacré. Celui qui n’a plus de limites. Celui qui vit hors du village, hors de la protection et de la bénédiction des Ancêtres et qui représente la face sombre de la société. Cette face que nul n’aime voir et à laquelle personne n’aime s’identifier. Le fou… Un être à part.

Bonnes fêtes!!!

En quittant cet endroit, je me répétais ces mots: bonnes fêtes. Des mots d’une banalité absolue. Je les trouvais superbes.

« Bonnes fêtes« . A qui le dire? Celui que j’ai vu hier, le visage crispé de douleur? Ce médecin débordé, les yeux rougis par la fatigue, qui écoutait patiemment une vie en sursis lui racontant sa jeunesse à trois heures du matin?

Peut-être à cette infirmière qui répondait inlassablement à une sonnette désespérée et inutile? « Bonnes fêtes ». Oui, je le dis à cet homme qui s’est empressé de changer de trottoir en rencontrant ce zombie diurne: Moi!!

Je le dis à cet enfant qui fait un caprice parce que le père Noël s’est trompé de cadeau, à cet enfant oublié du Père Noël. Pourquoi pas à cette mère courant après une nourriture insuffisante pour ses enfants et qui éclate de rire par ce que le soleil a refusé de se réveiller ce matin. Le soleil a décidé qu’il allait faire la fête avec sa famille et ses amis. Quel ingrat!!

J’ai regardé autour de moi ce matin et j’ai souhaité de bonnes fêtes à cet homme frigorifié sous des cartons de fortune, à cet enfant qui s’éclatait en regardant ma bille de clown, à cette femme porteuse de vie admirant cette femme qui avait une longue vie et s’en vantait.

J’ai souhaité de joyeuses fêtes à ceux que je croisais ou que j’avais croisés. « Bonnes fêtes » ce sont les mots que m’ont dit une femme en fin de parcours et illuminée de l’amour de toute une vie. « Bonnes fêtes » ce sont les mots qu’elle m’a dit avant « d’aller faire un p’tit tour au paradis » comme elle le disait souvent.

« Bonnes fêtes » des mots simples qui m’ont emplie ce matin de tristesse, de force et d’amour. « Bonnes fêtes » à moi toute seule, pleine de mon égoïsme, de mon plaisir de respirer cet air matinal et glacial.

« Bonnes fêtes » des mots de partage dont je me suis enivrée. Merci à cette femme qui m’a appris à apprécier les mots les plus simples avant d’aller faire « un p’tit tour au paradis« . Merci à toi ma grande. « Bonnes fêtes » à toi, je sais que tu dois faire une boum d’enfer au paradis des merveilleuses gens. enjoy your paradise. Bonnes fêtes à toi……………….

Amélie Diack

Paris, le 2 janvier 2008